Continuons à promouvoir la justice pour les femmes ...

 

Communiqué d'Amnesty International (Belgique)
De : Françoise Guillitte <fguillitte@aibf.be>
Objet : Action femmes mai 02

Bruxelles, le 2 mai 2002.

Vous avez été extrêmement nombreux à vous manifester et à réagir suite à la condamnation à mort par lapidation de Safiya Hussaini au Nigéria. Sa libération est la preuve que la mobilisation internationale peut être efficace.

Cependant, les situations aussi graves et désespérées sont malheureusement nombreuses et nous vous proposons de lutter avec nous contre l'indifférence et la barbarie des violations des droits fondamentaux.

Voici trois cas de femmes pour lesquelles une réaction urgente et massive est indispensable. Vous les trouverez en fichiers joints, mais également ci-dessous.

  • Au Nigéria, Amina est condamnée à mort par lapidation pour adultère ;
  • Aux USA, Lynda est condamnée à mort par électrocution pour meurtre en légitime défense ;
  • Aux Émirats Arabes Unis, Sabrina sera victime d'un crime d'honneur pour  s'être mariée sans le consentement de son père.

N'acceptez pas, réagissez.

Pour de plus amples informations, pour nous rejoindre dans nos actions régulières, contactez-nous via l'adresse email femmes@aibf.be

Ou visitez notre site: www.droitsdesfemmes.net

1) Au Nigéria,

vous le savez sans doute, Amina Lawal, 30 ans, musulmane, a été condamnée à mort par lapidation pour avoir eu un enfant alors qu'elle était divorcée. Elle habite à Bakori dans l'état de Katsina, un des 12 états du nord du Nigéria à appliquer la loi sur base de la Charia. L'homme qu'elle a désigné comme étant le père de sa petite fille a nié avoir eu des relations sexuelles avec Amina. Aucune poursuite n'a donc été retenue contre lui.. En première instance, Amina n'a pas eu d'avocat pour la défendre et c'est un tribunal constitué d'un juge unique qui l'a condamnée. Ceci est contraire aux normes internationales. Grâce à la mobilisation et au soutien de nombreuses associations féminines et de défense des droits humains au Nigéria et ailleurs, Amina s'est vue attribué un avocat et a  interjeté appel. L'audience de la Cour d'appel aura lieu le 15 mai.

D'ici là, régissez !

Envoyez par email ou par fax les lettres suivantes aux autorités nigérianes.

3) Aux Émirats Arabes Unis,

Sabrina Imtiaz Syed, 25 ans, pakistanaise, risque d'être expulsée vers son pays d'origine. Or, les parents de Sabrina ont menacé de la tuer si elle rentrait chez elle. Ils lui reprochent de s'être mariée sans le consentement de son père ; celui-ci avait refusé en janvier 2000 qu'elle épouse un homme musulman comme lui mais d'une autre branche de l'Islam. Les jeunes gens s'étaient donc mariés en secret tout en continuant à vivre chez leurs parents respectifs. En février 2002, ils ont finalement avoué et ont manifesté leur souhait de vivre ensemble. Les parents accompagnés d' amis les ont alors enfermés chez eux et les ont battus. Ils se sont plaints à la police mais sans aucune réaction de la part des autorités locales. Le couple a alors voulu fuir le Pakistan car Sabrina a reçu de nombreuses menaces de mort. Ils ont tenté de demander l'asile en Allemagne où ils sont arrivés en mars 2002. Les parents de Sabrina lui ont demandé de rentrer à Dubai (EAU) se disant prêts à accepter son mariage mais à son arrivée à l'aéroport, le 18 avril dernier, la police de l'immigration l'a arrêtée. En effet, son père avait fait les démarches pour révoquer son visa et la renvoyer au Pakistan.

Des milliers de femmes sont tuées chaque année au Pakistan, accusées d'avoir porter atteinte à l'honneur de la famille.

Réagissez très vite :

  • Demandez que Sabrina ne soit pas renvoyée au Pakistan, où elle risque d'être exécutée ou victime d'attaque à l'acide, pratique courante dans ce pays.,
  • Demandez que les Haut commissariat aux Nations Unies puissent faciliter leur accueil dans un pays tiers,
  • Insistez auprès des autorités pour que Sabrina ait d'urgence l'assistance d'un avocat,
  • Insistez sur le fait que d'après les textes internationaux que les Émirats ont ratifiés, personne ne peut être renvoyé de force chez elle si elle y risque de graves violations des droits humains et surtout si sa vie y est menacée.

Envoyez ces appels à :

 


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