Diplôme d'Etudes Spécialisées de Gynécologie Médicale

Communiqué du CDGM Comité de Défense de la Gynécologie Médicale
(Comité de Défense de la Gynécologie Médicale)

voir le site http://www.cdgm.org

Le 1er février 2003 paraissait au Journal officiel le décret créant le Diplôme d'Etudes Spécialisées de gynécologie médicale. Cette promulgation reconnaît comme légitimes les demandes de plus de 2 millions de femmes qui depuis 1997 agissent pour le rétablissement de cette spécialité. Pour qu'elle puisse vivre il faut maintenant que des postes d'internes en nombre suffisant lui soient attribués.

A peine cette spécialité venait-elle d'être rétablie dans le cursus universitaire, que des voix s'élevaient pour condamner ce décret. En effet, à l'issue de la réunion de la Commission Nationale des Études Médicales qui rend un avis consultatif sur le nombre de postes d'internes pour chaque spécialité, le président de MG-France se félicitait que cette instance ait donné un avis défavorable à l'attribution de postes d'internes réservés à la gynécologie médicale et le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Fronçais qualifiait la création de ce diplôme de "mauvaise réponse de monsieur Mattéi".

Quelles peuvent être les raisons que certains voudraient opposer à la loi, aux besoins de millions de femmes qui estiment, elles, qu'il y a dans la préservation de la gynécologie médicale, un acquis fondamental pour leur santé et celle de leurs filles ?

Pour des millions de femmes, la gynécologie médicale n'est pas une "nouvelle spécialité à l'utilité discutable", ni une "spécialité au rabais".

Depuis 30 ans que la gynécologie médicale existe, la prévention s'est considérablement développée pour les cancers féminins. Le traitement précoce des MST et des dérèglements hormonaux a permis d'éviter nombre de stérilités, de grossesses extra-utérines, d'interventions chirurgicales mutilantes physiquement et psychologiquement.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • 6.000 cancers du col de l'utérus, il y a 20 ans,
  • 1.600 aujourd'hui (2002).

Dans les pays voisins

  • 30 à 46 % des femmes n'ont plus d'utérus à 50 ans
  • contre 14 % chez nous à la fin de leur vie.

13 % de plus de survie dans le cancer du sein, chez les femmes en France d'après l'agence internationale pour la recherche sur le cancer.

Le développement de la contraception et des traitements hormonaux a permis aux femmes de maîtriser leur fécondité, de prolonger leur espérance de vie.

Des milliers de lettres adressées au CDGM, comme aux différents ministres de la santé, ont témoigné de l'attachement des femmes à cette consultation si intime, de la relation de confiance tissée avec leur gynécologue médical qu'elles ont appris à consulter régulièrement.

60 % des femmes en France, de tout âge, de tout milieu social, de la ville ou de la campagne bénéficient ainsi de ce suivi complet et personnalisé. C'est cette prévention qui contribue à expliquer les bons chiffres de la santé des femmes en France, comme le reconnaît l'OMS.

Et d'Europe, des dizaines de lettres dans lesquelles des femmes vivant en Angleterre, en Italie, en Allemagne, regrettent le manque de ces spécialistes dans leur pays, nous les envient et viennent à l'occasion consulter chez nous.

Les femmes ont toujours été attachées au libre choix du médecin, à la pluralité de l'offre de soins qui leur est faite : gynécologues médicaux, obstétriciens, généralistes, tous sont également nécessaires et indispensables à leur santé et à celle de leur famille.

Aussi, les femmes et le CDGM s'indignent et ne comprennent pas que certains puissent s'élever au-dessus des besoins de santé des femmes et tentent d'exercer une pression pour empêcher que cette spécialité de gynécologie médicale, faite "sur mesure" pour les femmes, vive à nouveau.

Les femmes et le CDGM se sont réjouis de cette avancée capitale que représente le décret reconnaissant la gynécologie médicale comme une spécialité médicale à part entière.

Elles ne relâcheront pas leur action et demeureront vigilantes tant que la gynécologie médicale ne sera pas rétablie dans les faits, avec un nombre d'internes suffisant, la nomination d'enseignants, pour pérenniser son enseignement et la garantie de l'accès direct au gynécologue médical sans pénalisation de remboursement.

mars 2003


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