LES ORIGINES
Le 8 mars 1857, les ouvrières de l'habillement de New York manifestèrent pour la suppression des mauvaises conditions de travail, la journée de 10 heures, la reconnaissance de l'égalité du travail des femmes.
Dans les années suivantes elles obtiendront, en France, l'interdiction du travail de nuit pour les femmes non majeures. En 1910, Clara ZETKIN proposa de faire définitivement du 8 mars, la journée internationale des femmes à la "Deuxième conférence internationale des femmes socialistes" pour promouvoir le droit de vote.
A la même époque, de nombreuses manifestations ont lieu en Allemagne et en Autriche. Pendant la première guerre mondiale, les femmes, remplaçant les hommes dans le fonctionnement de l'économie, subissent une surexploitation. Les réactions à la boucherie commencent à se développer.
C'est ainsi qu'en 1915, Alexandra KOLLONTAI organise à Christiana, près d'Oslo, une manifestation des femmes contre la guerre et Clara ZETKIN une conférence internationale des femmes, prélude à la conférence de Zimmerwald qui réunit les opposants à la première guerre mondiale. Dans un certain nombre de pays les femmes obtiennent le droit de vote après la guerre (1918 en Pologne, 1919 en Allemagne). Mais seulement 1944 ... en France !
Revendiquer et manifester notre solidarité avec toutes les femmes du monde entier.
Malgré leur statut et le rôle traditionnel (procréer, rester à la maison et élever les enfants) qui leur est imposé par la religion les femmes s'organisent pour combattre cette situation. Au nord comme au sud c'est un même souci de libération qui les animent pour maîtriser leur propre corps, leur propre vie. Il ne faut pas oublier que la France est allée jusqu'à condamner à mort l'avortement (sous le régime de Vichy) ! Face aux Etats autoritaires, les femmes n'hésitent pas à affronter directement l'ordre établi.
Notamment lors des journées des 8 et 10 mars 1979, en Iran, des dizaines de milliers d'entre elles manifestent contre le port du voile et l'ordre moral du nouveau régime de l'ayatollah Khomeimy. Les femmes en sont les premières cibles alors qu'elles ont payé un lourd tribu au succès de la révolution (4.000 emprisonnées par le régime du Shah).
Tandis qu'en Algérie en Mai 1984, l'assemblée nationale algérienne adopte le code de la famille qui fait de la femme une mineure à vie : nécessité d'un tuteur matrimonial, légalisation de la polygamie, négation du droit de divorcer.
Les associations de femmes s'organisent pour exiger son abrogation et l'adoption de lois égalitaires. Par ailleurs, elles obtiennent le droit de vote inconditionnel grâce aux luttes des années 1989-1991. Par leurs combats elles participent à la construction d'une nouvelle société. C'est ainsi qu'après l'Intifada des organisations de femmes palestiniennes diffusent, le 8 mars 1988, un programme politique intitulé «les femmes palestiniennes et les territoires occupés». C'est un manifeste qui exhorte l'ensemble des femmes à prendre la place qui leur revient dans la construction de l'Etat palestinien (à travers les comité populaires et les comités d'éducation).
Le droit à l'égalité et à la dignité
Les conquêtes du mouvement féministe dans les années 60-70 remettent en cause l'ancien modèle familial qui assurait la domination masculine. En France, en 1967, le Mouvement de Libération des Femmes nait (MLF). La même année, la loi Neuwirth dépénalise la contraception. Durant les années 70-80, le mouvement féministe obtient de nouvelles avancées législatives : remplacement de l'autorité paternelle par l'autorité parentale sur les enfants, autorisation de l'avortement et remboursement par la Sécurité Sociale.
Mais encore aujourd'hui, le principe «à travail égal, salaire égal» est bafoué (30% d'écart de salaire entre les hommes et les femmes en 1997). Ces conquêtes sont régulièrement remises en cause sous diverses formes : Les femmes sont rendues responsables du chômage. Pour le régler, on les incitent à rester au foyer L'ordre moral continue de sévir : attaques de groupuscules réactionnaires contre les centres IVG.
UN CHANGEMENT DE SOCIETE
Dans les mouvements sociaux, pour la défense du service public dans les domaines de la santé et de l'éducation ou en solidarité avec la lutte des sans-papiers, elles mettent en avant des revendications pour faire fonctionner la société selon des besoins collectifs. Dans leur travail et leur vie quotidienne, elles connaissent les dégradations des conditions de vie des cités, des quartiers et en même temps elles sont les plus touchées par le chômage et la précarité (temps partiel imposé, CDD ). Quel formidable encouragement aux femmes africaines, maghrébines, asiatiques, latino-américaines que ces luttes continuent de donner. Notamment celle des sans-papiers. Ces femmes qui subissent les plans du FMI, de la Banque Mondiale qui cassent les services publics et développent la misère. Et si elles se réfugient dans les pays les plus riches, c'est pour trouver des moyens de survivre. Lorsque le 18 mars 1996, 125 ans après le début de la Commune de Paris, des sans-papiers occupent l'église Saint-Ambroise pour exiger la régularisation de tous, c'est pour aussi affirmer qu'ils ne sont pas responsables de la montée du chômage, des vagues de licenciements, de l'insécurité.
C'est pour construire une société débarrassée du racisme et des préjugés sexistes que les femmes et les hommes pourront se battre ensemble pour une représentation égale des femmes dans tous les domaines de la vie sociale et politique.
Transmis par Françoise TESSIER

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