La Parité c'est l'affaire de tous et de toutes Actualisation après la réunion Parité qui s'est tenue le 3 février 1999: Le réseau Femmes et Hommes pour la Parité a décidé de tenir une réunion chaque mercredi soir, jusqu'au vote du Sénat le 4 mars, au siège de l'UFCS, de 18 h à 20h30, 6 rue Béranger, 75003 Paris, métro Temple ou République
Le réseau Femmes et Hommes pour la Parité appelle à un rassemblement de masse, devant le Sénat, le 4 mars à 18h. Il demande que des initiatives parallèles soient prises dans les régions.
A côté de la récolte de nombreuses signatures, qui continue, et dont nous verrons mieux dans quelques jours comment les faire valoir au début mars (Le 8 mars devrait correspondre à peu près avec la date du retour du projet de loi devant le Sénat après sa deuxième lecture devant l'Assemblée Nationale le 16 février), nous lançons d'urgence un Appel à des envois personnels pour convaincre les députés avant le 16 février 1999, Il est encore temps décrire pour convaincre mais il faut faire vite
Si vous ignorez comment votre député-e a voté, pour ou contre la parité, tournez la lettre de façon à
- soutenir ceux qui ont voté OUI à la Parité ; demandez leur de ne pas relâcher l'effort
- et d'essayer de convaincre les collègues.
- proposer des arguments valables et convaincants à ceux qui auraient voté NON.
Vous trouverez ci-joint :
- un très bref résumé du processus législatif en cours
- un argumentaire o˜ vous pouvez puiser de quoi construire des lettres personnelles,
- la reprise des communiqués "UFCS" et de la "C.L.E.F"
- une liste d'adresses de députés et sénateurs avec indication de leur vote et leur e-mail ou adresse postale
A/ Le processus en cours :
Pour résumer l'action en cours de façon très schématique à l'intention de qui ne l'aurait pas suivie dès le départ :
Il s'agit d'obtenir que le principe de la parité entre hommes et femmes en politique soit inscrit dans notre constitution républicaine; la proposition, soigneusement concoctée entre Matignon et l'Elysée étant d'inscrire dans l'article 3 que "la loi détermine l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives"(notez bien que le premier énoncé disait, non pas "détermine" mais "favorise" ; des associations l'avaient refusé comme beaucoup trop faible ;
Le 15 décembre, L'Assemblée Nationale l'a approuvé à l'unanimité en première lecture mais, hélas, en présence seulement de 83 votants dont 1 abstention..
Mais, le 26 janvier, le Sénat a taillé le projet en pièces au motif que ce projet n'a pas sa place dans notre loi fondamentale, qu'il déstabiliserait la conception républicaine de la Citoyenneté, enfin que la promotion des femmes devrait relever de l'effort des partis politiques, ce pourquoi la commission des lois proposait d'introduire les dispositions pour la parité dans un amendement de l'article 4 sur les partis politiques. Vous aurez lu dans les compte rendus des débats qu'à la question parité a été associée immédiatement la perspective de quotas et que celle-ci a particulièrement effrayé
Un projet de loi modifiant la constitution ne peut être définitivement adopté que s'il est rédigé dans des termes identiques à la fois par le Sénat et par l'Assemblée Nationale ; ce qui laisse prévoir tout un train de navettes, ralentissement et compromis.
C'est le 16 février que nos députés devront se prononcer sur la proposition de loi telle que l'a modifiée la Commission des lois du Sénat. Il est important qu'ils manifestent leur soutien massif à la parité (constitutionnelle, art 3) et désavouent le Sénat !
Par ailleurs, Mme Roselyne Bachelot, déçue à juste titre, a interpellé le Président de la République pour lui demander de soumettre le projet initial à un vote par référendum, ce que celui ci a refusé au motif de ne pas pouvoir ni vouloir interrompre un processus législatif en cours ( à noter encore que certaines femmes et associations ont émis des doutes sur l'opportunité d'un référendum dont le résultat n'est pas du tout acquis d'avance et qui, en cas de vote négatif se révélerait suicidaire pour le mouvement féminin et féministe)
Enfin, pour sa part, la garde des sceaux, Elisabeth Guigou, a affirmé que son gouvernement restait "sur sa position" en souhaitant que "le Sénat puisse évoluer". Daniel Vaillant, ministre des relations avec le Parlement, a rappelé que "ce projet a l'accord de Jacques Chirac et que "chacun peut contribuer à convaincre les sénateurs".
B/ Bref argumentaire
(dans le Nouvel Obs du 14-20-I-99, vous trouverez mises en regard les deux opinions de Sylviane Agacinski et d'Elisabeth Badinter ; cette dernière, auditionnée par les Sénateurs, a été déterminante dans le refus du Sénat).
Il serait contraire à la démocratie, au fondement neutre et universel de citoyenneté, à l'indivisibilité de la souveraineté nationale, d'y introduire des catégories ou distinctions, (on commencerait par celle du sexe et où s'arrêterait-on ?
Nous faisons valoir que : le sexe ne constitue ni une catégorie ni une minorité (comme celle, dans une société donnée, de l'appartenance à telle race ou à telle religion). la bi-sexualisation de l'être humain est un donné de base, constitutif de l'Humain. Loin d'être catégoriel, le sexe féminin est, à part égale avec le masculin, partie constituante de l'humanité . Il faudrait enfin admettre que c'est la "dualité paritaire" qui est la base de la souveraineté nationale ; il n'est pas de démocratie possible sans réciprocité paritaire.
On ne peut plus définir le référent Humain, sujet du droit, sans prendre en compte la co-activité et la co-responsabilité des deux sexes, c'est à dire cette PARITÉ qui dit bien la richesse des différences au sein de l'égalité.
La notion de "l'universel" s'est confondue longtemps avec la seule référence masculine. Voir l'histoire du suffrage universel qui pendant cent ans n'a concerné que les hommes ("Quel singulier universel", s'écriait Maria Deraisnes, "qui oublie la moitié de l'humanité !" ). Et il a bien fallu, en 1944, introduire une "ordonnance" particulière nous dirions aujourd'hui une "discrimination positive" - qui ne visait que les femmes, pour qu'elles puissent enfin exercer leur droit souverain de citoyennes, en votant.
Processus identique avec la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme . Si son premier article avait réellement suffi, l'ONU n'aurait eu nul besoin de proposer à la signature des nations une Convention sur l'Elimina-tion de toutes les formes de discrimin-ation à l'égard des femmes (CEDAW) qui fait aujourd'hui force de loi.
L'éventualité de quotas effraie. Peut-être n'avons pas suffisamment travaillé l'opinion à comprendre que les quotas seraient assortis d'un échéancier, c'est à dire d'une obligation progressive de participation des femmes ?
La présentation faite par E. Guigou en ouverture, devant les députés, puis devant les sénateurs était pourtant claire à ce sujet, mais on n'a pas voulu l'entendre. Certains préférant croire à la menace d'une vague déferlante, hâtive et obligatoire, de femmes non formées, non expérimentées.
Mais soyons honnêtes : même la sage disposition d'un quota qui devait limiter le nombre des candidats à une majorité de 75% du même sexe sur les listes municipales, a été cassée par le Conseil Constitutionnel en 1982. Et pourtant, un quota qui refuse l'éviction d'un sexe par l'autre constitue bien la première des préventions citoyennes !
Assurer la parité est une mesure urgente pour le présent et sage pour l'avenir : l'article 5 de CEDAW stipule en effet que le sexisme peut s'exercer envers l'un ou l'autre sexe. N'est-il pas sage de prévoir que les hommes eux-aussi pourraient un jour avoir à revendiquer leurs place et leurs droits dans certains corps ou fonctions d'état ( à commencer, dans un proche avenir, par certains conseils communaux de localités restreintes) ?
"C'est aux partis politiques à réaliser le changement" Outre que le piètre résultat d'une telle mesure est de plus en plus flagrant même aux yeux du simple quidam, le fait d'être citoyennes nous conduit à vouloir ce changement comme partie intégrante de notre constitution.
Il est nocif que "les valeurs républicaines" ne soient pas des dispositions, concrètes, tangibles, identifiables par les hommes et les femmes de ce temps .
Il n'est pas difficile de voir que l'écrasante majorité que des hommes dans la vie politique assortie de méfiance, voire de mépris envers les femmes- contribue déjà à les rendre non crédibles et leur parole non reçue. La vie civique et communautaire en souffre mais le processus ne fera que s'aggraver- indépendamment de leurs compétences ou de la bonne volonté de certains. Le combat pour la parité est une nécessité immédiate. Il a en plus une haute portée symbolique :il en va d'une adhésion ou d'un refus populaire à notre forme de vie politique aujourd'hui et à celle que nous ouvrons pour l'avenir.
C/Communiqués
Parallèlement à la campagne de lettres personnelles, la récolte des signatures continue ; plusieurs communiqués sont parus qui vont tous dans le même sens :
1) UFCS, Paris le 22 janvier 1999
Suite aux appels à la mobilisation de toutes et tous pour la parité, l'Union Féminine Civique et Sociale se joint à l'indignation générale.
Elle appelle à manifester le 26 janvier, devant le Sénat, dès 9h30 et à remplir les tribunes.
Un communiqué de presse a été adressé ce jour à l'AFP : Le 15 décembre 1998 l'Assemblée Nationale a voté à l'UNANIMITÉ une loi constitutionnelle qui détermine les conditions dans lesquelles est organisé l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.
Ce texte, en répondant aux attentes des vrais démocrates de notre pays, allait enfin donner un peu de souffle à notre démocratie. Il est aujourd'hui bloqué par le Sénat. Bastion le plus conservateur d'Europe, celui-ci persiste à exclure les femmes de la politique et à maintenir la France à l'avant dernier rang des pays européens pour la présence des femmes dans les assemblées élues.
Nous demandons à toutes celles et tous ceux qui sont indignés par ce comportement archaïque de se mobiliser mardi 26 janvier devant le Sénat à 9h30.
UFCS, 30 janvier "Merci pour vos réponses. : Après le vote au Sénat qui a confirmé sur le net l'absence totale de réalisme de cette Assemblée, en refusant de modifier l'article 3 de la Constitution,
- l'UFCS ne se résigne pas et poursuit son action en vue du vote en 2ème lecture à l'Assemblée le 16 février. En concertation avec tous les membres de la coordination française du Lobby européen :
- l'UFCS refuse de considérer le citoyen comme un être neutre abstrait masculin). Réaliser la parité ne ruine pas l'universalisme. Elle lui donne toute sa dimension.
- l'UFCS soutient la réforme de l'article III de la Constitution. Il revient en effet aux législateurs et non aux partis de "déterminer les conditions dans lesquelles est organisé l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats et fonctions électives".
Le nouveau texte proposé par le Sénat : "Les partis favorisent l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions" est un coup bas porté à la réforme. Se confier aux partis qui sont foncièrement hostiles à changer, revient à maintenir le statu quo.
Nous ne voulons pas d'un tel texte qui - sous couvert de progrès - maintiendra durablement la France à l'avant-dernière place pour la place des femmes dans les Assemblées.
L'UFCS continuera d'être au c¦ur de l'action et attend la mobilisation de toutes et de tous.
Sylvie ULRICH, Présidente UFCS
Union Féminine Civique et Sociale
tél 01 44 54 50 54 N + fax 01 44 54 50 66 N
ufcsnational@wanadoo.fr>6 rue Béranger F-75003 PARIS
2) 28 janvier, Coordination du Lobby Européen des Femmes (C.L.E.F.)
"Les associations membres de la C.L.E.F, engagées depuis des années dans l'action pour la parité entre hommes et femmes en politique, soutiennent la réforme de l'article 3 de la constitution, telle qu'elle a été votée à l'unanimité par l'Assemblée Nationale.
Elles agiront en réseau avec toutes celles et ceux qui approuvent cet objectif".
Trois groupes chrétiens,
- Femmes et Hommes en Église,
- Nous sommes aussi l'Eglise,
- Droits et libertés dans les Églises
ont également fait paraître un communiqué pour soutenir la Parité dans la société, comme ils la soutiennent dans les Églises, au nom même du principe évangélique.
On peut demander le texte directement à Temps Présent :<Temps.Present.1@wanadoo.fr> ou M.Thérèse. van Lunen Chenu (03 86 63 20 08 ) <mtlunenchenu@ipoint.fr>
Paris le 4 Mars 1999.
Nous voulons une société paritaire, dans laquelle hommes et femmes, à égalité, décident de construire un avenir commun.
La parité, parce qu'elle concerne et remet en cause tous les rapporets de pouvoirs publics et privés, est trop importante pour être laissée aux seul-es politiques.
Nous voutlons une consultation qui permettra à toutes les personnes vivant en France de s'exprimer et de reprendre la paole.
NOUS VOULONS UN REFERENDUM SUR LA PARITE 65 signatures d'intellectuel-le-s, d'enseignant-e-s et de chercheurs-ses
dont Marie-Victoire LOUIS
contact Odile KRAKOVITCH Fax 01 47 01 27 14 mél
cette pétition publiée dans POLITIS (du 4 mars 1999) est sur un site internet
La première liste de noms favorables à ce référendum sera adressée au Président de la République et au Premier Ministre le 8 mars prochain.
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