SOUTIEN A SERENADE ET LAILA http://perso.wanadoo.fr/serenade.laila/ Vous avez été nombreuses (et nombreux)
à soutenir les pétitions en faveur de Sérénade Chafik
qui a été pendant un mois en grève de la faim.On vous transmet ici sa lettre de remerciements :
elle a effectivement eu le soutien du gouvernement français,
mais son combat est loin d'être achevé...Maria Candea et Maya Surduts Lettre de Sérénade Chafik (23 avril 2003) Mes chèr-e-s ami-e-s Comme vous le savez, j'ai cessé ma grève de la faim le vendredi 21 mars 2003, après avoir reçu, pour la première fois depuis quatre ans, des assurances écrites des plus hautes autorités de l'Etat.
Durant ces 29 jours de lutte, j'ai éprouvé successivement divers sentiments contradictoires ; colère, amertume, lassitude. Mais, grâce à vous et aux centaines de personnes qui m'ont témoigné de leur soutien, l'espoir reprenait toujours le dessus.
Aucun mot, aucune parole ne saura vous témoigner de ma gratitude. Soyez pourtant assuré-e-s qu'elle existe…
Les deux courriers que j'ai reçus le vendredi 21 mars 2003, l'un émanant du cabinet de Monsieur le Président de la République et le second du Ministère de la Justice, reconnaissaient la légitimité de mon combat.
Ils m'assuraient que mes droits, qui ont été ignorés depuis le départ de Laïla, seraient désormais pris en compte et garantissaient à ce que le 7 avril 2003, date du procès en appel, il n' y aurait pas de report comme ce fut si souvent le cas lors des précédentes audiences égyptiennes.
Ils m'accordaient également un accompagnement diplomatique lors de mon déplacement au Caire à cette occasion.
Enfin, ils s'engageaient à faire appliquer l'exequatur tel que le prévoit la convention franco-égyptienne de 1982.
Mais ces assurances n'étaient qu'une étape et ne garantissent nullement l'application du jugement français du 12 mars 1999 qui m'accorde un droit d'hébergement de Laïla de trois mois et demi en France chaque année.
D'ores et déjà, on peut douter de la fiabilité des engagements écrits de l'Etat français. En effet, malgré les engagements du Ministère des Affaires Etrangères, il ne m'a pas été possible de rencontrer le moindre responsable de l'Ambassade de France le 5 avril, lors de mon déplacement au Caire, à l'occasion de l'audience en appel devant statuer sur l'application de l'exequatur.
De plus, le même Ministère, dans une lettre en date du 10 avril 2003 a déclaré que s'agissant des risques d'excision, il n'existait dans le dossier aucun élément permettant de déclarer que Laïla était en danger.
Cette affirmation s'appuie de façon tout à fait partiale sur des décisions de justice datant de 1998, émises suite à l'intervention de Monsieur Moubarak par deux fois au cours des procédures judiciaires. Ce qui est incompréhensible, c'est l'omission faite par le Ministère des Affaires Etrangères d'autres décisions de justice comme par exemple celle du 17 avril 1999 me relaxant de l'accusation de non présentation d'enfant se basant alors sur l'état de nécessité dans lequel je me trouvais pour protéger Laïla. Plus récemment, le 14 mai 2002, le TGI de Nantes a condamné Monsieur KHALIL, le père de Laïla, à deux ans de prison ferme pour non-présentation d'enfant tout en reconnaissant sa responsabilité dans le déni de justice que j'ai subi.
Enfin, dans ce même courrier, on annonce que ce père "généreux" a bien voulu que j'entrevois ma fille, laissant supposer que c'est la raison pour laquelle j'ai interrompu ma grève de la faim, affirmation qui place le père dans le rôle du Saint-Sauveur. Or il est de notoriété publique que j'ai décidé de mettre terme à ma grève de la faim suite aux engagements écrits de la Présidence de la République et du Garde des Sceaux.
Je tiens à préciser que si j'ai réussi à voir ma fille, c'est grâce à l'intervention du bureau de l'entraide judiciaire du Ministère de la justice égyptien et que l'entrevue s'est déroulée en présence du père, de la grand-mère et du grand-père paternels. Deux heures en trois ans n'est pas une grande avancée ! Et le manque d'intimité s'est fait sentir à tel point que Laïla n'a pu s'empêcher de parler de prison !
La meilleure garantie que j'ai eu ces dernières années, c'est votre soutien, présent et futur. Le combat n'est pas terminé et le Comité de soutien poursuit ses actions. Dans ce cadre, il organise notamment une réunion publique sur l'excision et le Code de la Famille le
Mercredi 21 mai 2003 à 20 heures 30 A l'ancienne Manufacture des Tabacs de Nantes, Boulevard Stalingrad
Vous remerciant encore de votre confiance et de votre soutien, en mon nom et en celui de Laïla, ma fille,
Sérénade CHAFIK
SOUTIEN à Sérénade CHAFIK
En octobre 1998, informée des risques d'excision encourus par sa fille Laïla, vivant avec son père en Egypte, Sérénade saisit la justice française pour la préserver de cette mutilation sexuelle (coutume pratiquée en Egypte sur 90% des femmes).
Sous la pression de la diplomatie égyptienne, le tribunal des Affaires Familiales en France l'a d'abord déboutée en s'appuyant sur le code de la famille égyptien qui ne reconnaît aucun droit aux femmes. Soutenue par de nombreuses associations et personnalités ainsi que l'opinion publique, elle décide de mener une lutte pour faire valoir ses droits et préserver l'intégrité physique de sa fille. Le 12 mars 1999, la justice française accordait un droit d'hébergement à Sérénade pour la période des vacances d'été, à appliquer en France dès l'année 2000.
Devant ce tribunal, le père de Laïla s'est engagé à respecter cette décision. Mais aussitôt que les autorités françaises lui eurent livré Laïla, le 22 mars 1999, celui-ci l'emmena en Egypte sans que la Justice et le Ministère des Affaires Étrangères, qui était intervenu tout au long de la procédure, ne s'assurent ni de la sécurité de l'enfant, ni de l'application du droit d'hébergement de la mère. Depuis 4 ans, comme le craignait Sérénade, Laïla n'a pu quitter l'Egypte et revoir sa mère en France.
En mai 2002, le tribunal a condamné le père à 2 ans de prison ferme pour non-présentation d'enfant. Mais ce jugement n'a rien changé puisque l'Egypte, sous couvert d'une décision judiciaire rendue le 13 janvier 2003, refuse l'application de la convention franco-égyptienne, en faisant primer le droit coutumier sur le droit national et international. Ce verdict, qui ne semble guère émouvoir les autorités françaises, soumet de fait Sérénade à la Charia (droit coutumier musulman) et ne lui concède qu'un "droit de visite" virtuel limité à un mois en Egypte en lieu et place des trois mois et demi auquel la Justice française s'était engagée. Il ne reconnaît également aucun droit à l'enfant. Pour obtenir le droit de garde accordé par la justice française, Sérénade a fait appel du jugement égyptien.
Le père de Laïla fait lui aussi appel aujourd'hui afin que Laïla ne revoit plus du tout sa mère. Ces appels suspensifs ne permettent plus à Sérénade d'espérer revoir sa fille cet été. Actuellement, Sérénade n'a plus de nouvelles de sa fille, chaque recours en justice se heurtant à l'inertie de la diplomatie française et au mutisme des responsables nationaux. Leur silence persistant les rend complice de la négation quotidienne des droits maternels les plus élémentaires de Sérénade et des droits de Laïla.
De procès en procès, Sérénade s'est épuisée physiquement, moralement et financièrement. Par désespoir, elle a entamé une grève de la faim. Nous regrettons qu'une femme mette sa vie en danger pour être enfin entendue. Il est urgent de lui apporter notre soutien. Pour les messages de soutien : serenade.chafik2@tiscali.fr
21 avril 2003
COMITE DE SOUTIEN A SERENADE ET LAILA
Collectif « Encore Elles ! » ( MFPF, ANCIC, AC !, , Collectif « Égalité- Mixité » UD CGT 44, , GASPROM ASTI, G10-Solidaires, Ecole Emancipée, LCR, les Alternatifs), LDH, COLIF, Espace Simone de Beauvoir, , Femmes Solidaires, CGT UD 44, SUD Caisse d'Epargne, les Verts, SUD Education Pays de la Loire, CNL, St Herblain Autrement, SNUipp, FSU 44, SOS Femmes Nantes, Le NID 44, PCF, MRAP, SMG44, Fédération PS 44, La Luna (collectif de plasticiennes), Collectif national « Femmes-Mixité » CGT, D'une rive à l'autre, ...
Communiqué de presse
Nantes, le lundi 17 mars 2003 URGENT
Sérénade CHAFIK n'a toujours aucune réponse du cabinet de Monsieur Chirac. Ce silence du Président de la République met en danger croissant sa vie et l'intégrité physique de sa fille Laïla.
Une cinquantaine de personnes se sont réunies ce lundi soir à 18H00 devant la Préfecture afin d'apporter leur soutien à Sérénade et pour protester contre l'absence totale de réponse de la part du Président de la République.
CHRONO DE LA GREVE DE LA FAIM DE SERENADE
- Vendredi 21 février : (1er jour de grève de la faim de Sérénade); Passage de Moubarak en France. Sérénade invite toutes celles et tous ceux qui soutiennent son combat à écrire une lettre ouverte, rédigé par elle, au président de la République.
- Samedi 22 février : (2ème jour de grève de la faim de Sérénade); Création du Comité de soutien à Sérénade et Laïla.
- Dimanche 23 février : (3ème jour de grève de la faim de Sérénade);-Conférence de Presse
- Lundi 24 février : (4ème jour de grève de la faim de Sérénade);-Conférence de Presse
- Mardi 25 février : (5ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Mercredi 26 février : (6ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Jeudi 27 février : (7ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Vendredi 28 février : (8ème jour de grève de la faim de Sérénade); rencontre avec Marie-Françoise Gonin, déléguée régionale aux Droits des Femmes... Rassemblement devant Préfecture à 17h30 et audience avec le Préfet afin de mettre l'Etat français devant ses responsabilités et que le préfet intervienne auprès de Chirac pour que celui-ci fasse respecter les décisions de justice et les conventions bilatérales passées entre l'Etat français et l'Etat égyptien.
- Samedi 1er mars : (9ème jour de grève de la faim de Sérénade); Ouverture du site Internet
- Dimanche 2 mars : (10ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Lundi 3 mars : (11ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Mardi 4 mars : (12ème jour de grève de la faim de Sérénade); Action en Gare de Nantes. Puisque la lettre semble avoir tant de mal à quitter Nantes, les militant-e-s du comité de Soutien à Sérénade et Laïla décident de la coller sur le TGV Nantes-Paris de 18h30...
- Mercredi 5 mars : (13ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Jeudi 6 mars : (14ème jour de grève de la faim de Sérénade); Vente de cartes postales de soutien et distribution de la lettre ouverte à Chirac place du Commerce. RV d'une délégation avec Ayrault. Celui-ci donne sa signature pour le Comité de Soutien et informe de son intervention auprès du Président de la République et de son Directeur de Cabinet. Il s'engage à renouveler sa démarche si elle restait sans réponse dans les 48 heures et à garder contact avec le Comité de Soutien.
- Vendredi 7 mars : (15ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Samedi 8 mars : (16ème jour de grève de la faim de Sérénade); Action au péage d'Ancenis. Pour faire parvenir notre lettre jusqu'à Chirac, elle est distribuée aux automobilistes se rendant à Paris. Une banderole est déployée « SOUTIEN A SERENADE ET LAILA, TRANSMETTEZ A CHIRAC »
- Dimanche 9 mars : (17ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Lundi 10 mars : (18ème jour de grève de la faim de Sérénade); Cabinet d'Ayrault contact Sérénade pour lui indiquer que, contrairement à ses engagements, le cabinet de Chirac n'a pas rappelé. Le délai est donc repoussé.... Audience d'une délégation avec M. Tallet, Chef de Cabinet de la Préfecture. Celui-ci, par ignorance totale du dossier, inculture juridique ou calcul bassement politique, affirme que la convention franco-égyptienne est strictement appliquée et que la décision de justice égyptienne est valide, allant jusqu'à prétendre redéfinir la nature de l'exequatur... Décision d'appeler à un rassemblement de soutien tous les soirs devant la Préfecture
- Mardi 11 mars : (19ème jour de grève de la faim de Sérénade); Sérénade prend contact avec le Préfet et rectifie les informations, partielles et partiales, dont semble se satisfaire la Préfecture.
- Mercredi 12 mars : (20ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Jeudi 13 mars : (21ème jour de grève de la faim de Sérénade); Arrivée par fax des attendus du procès égyptien qui précisent clairement le refus net du tribunal d'appliquer la convention franco-égyptienne, contrairement à ce que prétendait la Préfecture... Entrevue entre le Comité de Soutien à Sérénade et Laïla et Maître Chotard, avocat de Sérénade, qui confirme le caractère farfelu des informations délivrées par la Préfecture.
- Vendredi 14 mars : (22ème jour de grève de la faim de Sérénade); Conférence de Presse chez Sérénade.
- Samedi 15 mars : (23ème jour de grève de la faim de Sérénade); Après distribution d'un tract, un sit-in est organisé devant la Préfecture a l'issue de la manifestation contre la guerre en Irak
- Dimanche 16 mars : (24ème jour de grève de la faim de Sérénade);
- Lundi 17 mars : (25ème jour de grève de la faim de Sérénade);
mise en ligne mars 2003

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