le Genre Digma : base de données L'objectif général de DIGMA est de favoriser la mise en oeuvre du mainstreaming du genre en mettant à la disposition des acteurs (potentiels) de l'égalité entre les femmes et les hommes un inventaire d'instruments méthodologiques européens disponibles en la matière. Plus spécifiquement, il s'agit de valoriser des matériels existants en favorisant leur application et de faciliter aux niveaux national et transnational les échanges entre acteurs de l'égalité grâce à une information standardisée.
mise à jour : nov 2005 DES FEMMES, DES HOMMES ET DE LEUR GENRE ... Bibliographie commentée
PARUE DANS LA REVUE "PARVIS" N°15, OCTOBRE 20021€ QUAND LES HOMMES PARLENTŠ ENQUÊTE DANS LES GROUPES D'HOMMES (1993-2000) Patrick GUILLOT, Éditions le Souffle d'or, 2002, 238 pp (15 e).
2€ LE GENRE : UN OUTIL NÉCESSAIRE ; INTRODUCTION A UNE PROBLÉMATIQUE, dir. Jeanne BISILLIAT et Christine VERSCHUUR, Ed l'Harmattan, 2000, Cahiers genre et développement, 260 p.
3€ SEXE ET GENRE DE LA HIÉRARCHIE ENTRE LES SEXES, Marie-Claude HURTIG, Michèle KAIL, Hélène ROUCH, Ed du CNRS, 2002, 284p.
4€ VINGT-CINQ ANS D'ÉTUDES FÉMINISTES, L'EXPÉRIENCE JUSSIEU, DU CEDREF, 2001, 250 p € SCIENCES DE L'HOMME ET DIFFÉRENCE DE SEXE : LE TEMPS DE LA RECONNAISSANCE ? Colloque du Mage, juin 2002, 226 p.
5€ L'ARRANGEMENT DES SEXES, Erwing GOFFMAN, Ed. La Dispute/Inédit et Cahiers du Cedref/Adref, 2002, 115 p.
6€ DICTIONNAIRE CRITIQUE DU FÉMINISME, COLLECTIF, Édition puf, 2000, 291p.
7€ HISTOIRE DES FEMMES EN OCCIDENT, Georges DUBY, Michelle PERROT, 5 vol. coll. Poche Plon 2002.
8€ LES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU 20°SIÈCLE, Christine BARD, Ed Armand Colin 2001.
9€ L'ÉVIDENCE DE L'ÉGALITE DES SEXES, UNE PHILOSOPHE OUBLIÉE DU XVII° SIÈCLE, Elsa DORLIN, Ed l'Harmattan 2002, 159 p.
10€ LE SCOUTISME AU FÉMININ, LES GUIDES DE FRANCE 1923-1998, Marie-Thérèse CHEROUTRE, Ed Cerf histoire, 2002, 630 p.
& & & QUAND LES HOMMES PARLENTŠ ENQUÊTE DANS LES GROUPES D'HOMMES
Fils de "pères manquant " - mais parfois encombrés de leur mère ! - et souvent alertés de ces dégâts par la fréquentation du livre ou des conférences du québécois Guy CORNEAU, voici des groupes où des hommes parlent de ce qu'ils expérimentent en "de nouveaux espaces masculins revendiqués comme tels", loin des sociétés viriles habituelles que structurent l'armée, la loi, la compétition, la vantardise et, finalement, la solitude du mâle "il y a des moments où je me sens bien d'être un homme,Š où je ne dis plus : c'est dur d'être un homme" ; tous les âges s'y côtoient : "Ces hommes plus âgés, plus expérimentés, ils m'ont reconnu, ils m'ont permis de ressentir de mieux en mieux ce qui est en moi ...".
Plus que tout, ces nouveaux hommes tiennent à faire émerger en eux et entre eux un "ressenti" personnel qui ne cesse de les étonner, de les subjuguer : enfin, d'autres modèles de virilité et, entre hommes, une tendresse qui ose se dire et se toucher. Les féministes des groupes de prise de conscience des années 60-70 ont, elles aussi, -mais avec d'autres nouveautés- vécu dans l'émotion ce passage obligé de la restauration festive d'une identité collective qui ne soit plus imposée, ni honteuse, ni décriée ... Notre culture a façonné différemment les besoins des deux collectivités : pour elles, des analyses et dé-constructions théoriques, des affirmations sociales et publiques ; pour eux ce ressenti touchant et un peu fétiche, plus de liberté dans l'identification du mâle, des constructions de sexualité et, entre hommes, le refus de compétition, la reconnaissance, le respect des faiblesses et des apprentissages, l'émotion montrée et partagée, la tendresse enfin "ré-inventée et ré-habiltée".
L'auteur Patrick GUILLOT, se révèle un excellent guide. Par son expérience due à une appartenance déjà longue au réseau national et international que tissent les groupes locaux, il donne à voir les conditions de vie, les évolutions, les audaces d'un groupe. Mais aussi, ce qui le structure, les règles consenties, les supports techniques proposés tels le partage, devant les autres, de ce que l'on ose retracer de sa ligne de vie ou de sa ligne d'amour. Il montre les personnages aux prises avec la douloureuse rédaction- et lecture aux autres- de la lettre à la mère ou au père. Si grand le respect de l'écoute, si profonde la délivrance que certains parviennent à envoyer cette fameuse lettre et à augurer quelque rapport de tonalités nouvelles. "L'enjeu est grand, conclut l'auteur. D'ores et déjà, l'émergence des groupes et leurs réalisations depuis moins d'une décennie constituent des événements d'importance. Susceptibles non pas de révolutionner la société mais d'y introduire durablement des dispositifs concrets pour soigner le mal-être masculin ..."
Évoquer une interaction entre la condition où se trouve un sexe et ce qu'il en découle pour l'autre c'est entrer dans la problématique du genre. Le mot continue de surprendre bien que son emploi soit désormais couramment de mise tant dans les études scientifiques que dans les programmes internationaux et européens, qui demandent "d'intégrer à tous les niveaux la problématique du genre" (encore un mot venu d'Outre- Atlantique : c'est le mainstreaming).
LE GENRE : UN OUTIL NÉCESSAIRE ; INTRODUCTION A UNE PROBLÉMATIQUE,
L'introduction de Jeanne BISILLIAT à l'ouvrage LE GENRE : UN OUTIL NÉCESSAIRE propose des clarifications utiles : alors que le mot " sexe " renvoie aux réalités physiques ou psychologiques, le " genre " s'applique à la construction sociale du rapport entre les sexes : " Le genre renvoie aux catégories sociales (féminin et masculin) et non aux catégories sexuelles( hommes et femmes). Il implique un savoir sur la différence sexuelle et reflète un pouvoir qui est aussi une manière d'ordonner le monde, inséparable de l'organisation sociale de la différence sexuelle. Le savoir n'est ni fixe, ni fini, il est variable et sujet à d'innombrables changements. Il en est de même pour les complémentarités et oppositions entre les genres qui peuvent se transformer, évoluer, c'est à dire s'inscrire dans le changement social. C'est un concept essentiellement dynamique permettant de remettre en question l'apparente immuabilité des rôles sociaux et d'envisager la fin de la subordination universelle des femmes ".
Mais, bien des nuances, voire des différences, habitent déjà le genre ! Il peut n'être qu'une façon commode de présenter des études particulières ( l'histoire des femmes par ex.) ou bien des analyses, des revendications, sans devoir les qualifier par des femmes ou du féminisme. Dans un chapitre très documenté du même ouvrage, Joan Scott montre comment l'analyse du genre se trouve parfois conduite et déterminée par des postulats d'ordre essentialiste, ou marxiste, ou psychanalytique.:
SEXE ET GENRE DE LA HIÉRARCHIE ENTRE LES SEXES
reprend l'édition très attendue d'un remarquable colloque du CNRS en 1989, qui voulait permettre la confrontation et la réflexion sur les concepts de sexe et de genre et sur les rapports entre ces conceptsŠfaire une analyse critique de leur construction et de leur fonction dans la société et les champs disciplinaires qui les utilisent..
Non moins intéressant, le gros cahier des contributions du colloque européen organisé à la Sorbonne par le Mage - Marché du Travail et Genre- . Les études sur le marché du travail et sur la condition des femmes s'éclairent mutuellement : Après le temps de la connaissance, celui de la reconnaissance ?
Les VINGT-CINQ ANS D'ÉTUDES ET D'EXPÉRIENCES JUSSIEU
nous retracent un cursus, volontariste, de recherches pertinentes qui à cause de préjugés particulièrement tenaces en France furent trop souvent confinées à l'usage d'un public restreint de spécialistes.
Ce fut le cas aussi pour un texte judicieux, pas encore publié en français bien que fort connu de la communauté scientifique, d'Erwing GOFFMAN, chef de file de la microsociologie. On lui a gardé son titre plein d'humour de L'ARRANGEMENT DES SEXES puisque l'auteur traque et montre non pas l'expérience personnelle du masculin et du féminin mais, dans les gestes intimes et quotidiens, la mise en oeuvre permanente d'un "savoir-être" social masculin ou féminin. Spécialiste de la sociologie des inter-actions, GOFFMAN n'a pas négligé de s'interroger dès 1970 sur la façon dont cette société est organisée pour que ces comportements de genre s'ajustent selon un équilibre à la fois structurel et précaire, quel qu'en soit le caractère, égalitaire ou inégal, consensuel ou conflictuel.
Le DICTIONNAIRE CRITIQUE DU FÉMINISME
peut faciliter une approche à la fois théorique et concrète : articles fouillés, écrits par des spécialistes et dont les thèmes couvrent un champ sociétal étendu. Parmi les 48 entrées du dictionnaire. Les théories de la différence des sexes voisinent avec la mondialisation, les migrations, les théories du patriarcat, les technologies de la reproduction humaine, le concept de travail ou les transmissions intergénérationnelles, sans que l'avortement, la prostitution, ou le harcèlement sexuel ne soit oubliés. On retiendra les six pages fort intéressantes sur "Religions" de Maria-José F.ROSADO NUNES, ainsi que la bibliographie générale de 30 pages.
Mais on nous dit aussi que, en histoire notamment, les études de genre ne sauraient remplacer une histoire des femmes, spécifique et nécessaire, qui veut retracer leur part de coopération sociale, de talents personnels mais de servitude, de silence imposé et amnésie collective qui n'a pris fin. Saluons donc la réédition en poche des cinq volumes de L'HISTOIRE DES FEMMES EN OCCIDENT, le volume 5 (le XX° siècle, 890p, 12, 20 e. ) étant enrichi d'une remarquable introduction de Françoise THÉBAUD.
Même intérêt pour les travaux intelligents, bien documentés, bien écrits de Christine BARD, dont LES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU 20°SIÈCLE.
Dans l'ordre des remises au jour, fêtons aussi cette étude rigoureuse sur l'affirmation de L'ÉVIDENCE DE L'ÉGALITE DES SEXES que relevèrent quatre philosophes du XVII° siècle, trop méconnues : Marie de GOURNAY, François POULLAIN de la BARRE, Gabrielle SUCHON et Anna-Maria van SCHURMAN.
Enfin, dans la même dynamique d'effort pour rendre à l'histoire sociale ce que fut la contribution des associations, nous devons à Marie-Thérèse CHEROUTRE, longtemps responsable du guidisme français, une thèse universitaire aussi documentée que réfléchie sur LE SCOUTISME AU FÉMININ. On s'attachera aux réflexions de l'Auteure sur "Identité et partenariat" à propos du débat qui eut lieu à partir de 1975 sur une éventuelle mixité totale du scoutisme ; décisions prise finalement de garder dans une branche "féminine" plus de chance à une éducation qui permette une "spécificité féminine".
Puis-je le confier pour terminer : ce très intéressant travail historique m'a procuré une fois encore le réconfort du mince, mais tenace, courant prophétique qui traverse une histoire chrétienne par ailleurs bien lourdement chargée de traditions sexistes ! Je salue donc ce chanoine Cornette qui m'était jusqu'ici parfaitement inconnu. Le 2 mars 1924, délégué par l'archevêque de Paris pour recevoir, au cours d'une grande cérémonie en sa présence, les promesses toutes neuves des premières Guides de France, il vanta longuement les valeurs du scoutisme pour les gars, se demanda si ses principes règlements pouvaient s'adapter aux jeunes filles et conclut ainsi : "Loyauté, dévouement, fraternité, courtoisie, maîtrise de soi, bonne humeur, bonté, économie, pureté ne sont pas des vertus plus masculines que féminines".
par Marie-Thérèse van LUNEN CHENU (mtlunenchenu@ipoint.fr)
€ Tous ces ouvrages sont en cours de dépôt et indexation à la bibliothèque du Saulchoir pour "Genre en Christianisme"
mise en ligne : novembre 2002
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