Voici un des nombreux messages que je recevais pour Samira ... mais celui là est arrivé trop tard, je pense qu'elle aurait été plus qu'heureuse qu'un jeune garçon du Maghreb lui écrive cette belle "déclaration" ... Yacine, 19 ans, étudiant en droit à Rabat (Maroc)
Brigitte CASSIGNEUL (sept 2004) voir mon édito du 9 sept 2004J'avais rencontré Samira BELLIL en effet à l'université de "Ni putes ni soumises" en sept 2003 et nous devions nous revoir, elle m'avait laissé son numéro de portable mais elle a du annuler plusieurs RV. Elle ne m'a jamais dit qu'elle souffrait. Je regrette qu'elle soit partie si vite. Que son témoignage ne reste pas vain !!!
mise à jour 19 sept 2004 à 18h Samira ! servons-nous de ton exemple pour poursuivre notre quête d'une société plus juste pour les femmes et les enfants (Isa G)
Ses obsèques ont été célébrées le vendredi 10 septembre, à 15 heures, au cimetière du Père- Lachaise. Réunion à l'entrée principale, boulevard de Ménilmontant, Paris 11ème.Tenue blanche souhaitée par la famille (de même que pour les fleurs le cas échéant). Voir quelques photos générales
Les condoléances peuvent être adressées, au nom de la famille, aux éditions Denoel, 9, rue du Cherche Midi, 75006 Paris (Le Monde du 9 septembre 2004)
2000 personnes ont visité sa page mercredi 8 sept 2004 sa bio et autre site : "une lionne est partie"
Version TEXTO !!!
je suis entrain de lire ton boukin et putain j avais envi de te feliciter serieu t trop forte comme meuf
je suis etudiant au maroc j ai pas mal voyager et je suis passer par la france aussi un peu
j ai recu une education a peu pres comme la tiennmais je l avoue ma vie n a pas ete aussi mouvementer ke ca
si c vraiment toi qui lit ces messages je voulais te feliciter pour avoir tenu le coup et pour avoir reussi a sortir tout ce ke tu resentait dans un livre
en lisant ton boukin a chake fois je veut m arreter parce que je me ft du mal en le lisant mais en meem temps j aurais aimer connaitre la reelle identiter de ce K et de son pote JAID pour les faire souffrir pour kil goute ne serait ce k au 1 dixieme de ce ke t as subit tout les jours ttes les
nuits a chake heure qui passe l ekivalent de tte une journee pour une personne normal et heureuse
des fois on rencontre les mauvaises personnes au mauvais moments et notre putain d education coincer entre l occident les tradition ne convient pas forcement
ce qui me ft le plus chier ce ke tu ne doit pas etre la seule - combient de fille qui on a peine treize ans se font violer?
ca me fou la rage et c la ke j ai envi de donner un autre tournant dans ma vie faire de bonne etudes et reagir vraiment contre ce problemec bizarre parce ke a la fois tu me motive et en meme temps tu me casse en me foutant la rage j ai envi de me rebeller
je ne sais pas koi die de plus
je suppose ke ce n est pas toi qui lit tes mail et kil y a des personnes qui les trient avant de te les faire lire mais en tout cas si tu lis ce message sache ke si j etais presents cette nuit ou ton foutu copin jaid qui ne te respectait pas du tt avait fermer les yeux moi je les aurais ouvert et j aurais pu casser la gueule a tout ces gars qui t entouraient kitte a l es tuer je n aurais pas laisser faire un truc comme encore moins ce qui c passer
par la suite et je n aurais rien demander en retour je me serait peut etre meme sauver et tu n aurais jms su c qui (mais c bien bo les parole mais ce qui c passer c passer
tu sais je ressent exactement la meme chose ke qd je voit le film "Irreversible" la scene du viol ou le gars passe au fond du tunel voit la meuf entrain de se faire violer et se casse sans meme essayer de l aider ca doit
surement te souler ce genre de truc tu doit en recevoir des milier par jour mais bon j aurais au moin essayer entrer en contact avec toi et de te faire par de mes sentiments
voila la penser d un jeune garcon qui vit au maroc qui est purement marocain qui a trouver ce boukin dans sa bibliotheque et qui ne sait pas comment il a atterit la bas
si je recevait une reponse je serait vraiment tres content
en tout cas si c toi qui lit ce message je te redit chapeau
Version STANDARD
Je suis entrain de lire ton bouquin et putain! j'avais envie de te féliciter : sérieux. T'es trop forte comme meuf !
Je suis étudiant au Maroc, j'ai pas mal voyagé et je suis passé par la France aussi un peu.
J'ai reçu une éducation à peu près comme la tienne. Mais, je l'avoue, ma vie n'a pas été aussi mouvementée que ça.
Si c'est vraiment toi qui lis ces messages, je voulais te féliciter pour avoir tenu le coup et pour avoir réussi à sortir tout ce que tu ressentais dans un livre.
En lisant ton bouquin, à chaque fois, je veux m'arrêter parce que je me fais du mal en le lisant, mais en même temps, j'aurais aimé connaître la réelle identité de ce K et de son pote J pour les faire souffrir, pour qu'ils goûtent ne serait-ce qu'un dixième de ce que tu as subi tous les jours, toutes les nuits, à chaque heure qui passe l'équivalent de toute une journée pour une personne normale et heureuse.
Des fois, on rencontre les mauvaises personnes aux mauvais moments et notre putain d'éducation coincée entre l'Occident, les traditions ne convient pas forcément.
Ce qui me fait le plus chier : que tu ne dois pas être la seule, combien de filles qui ont à peine treize ans, et se font violer ?
Ca me fout la rage et c'est là que j'ai envie de donner un autre tournant dans ma vie : faire de bonnes études et réagir vraiment contre ce problème parce qu'à la fois tu me motives et en même temps tu me casses en me foutant la rage j'ai envie de me rebeller.
Je ne sais pas quoi dire de plus.
Je suppose que ce n'est pas toi qui lis tes mails et qu'il y a des personnes qui les trient avant de te les faire lire mais, en tout cas, si tu lis ce message, sache que si j'avais été présent cette nuit où ton foutu copain J, qui ne te respectait pas du tout, avait fermé les yeux, moi, je les aurais ouvert et j'aurais pu casser la gueule à tous ces gars qui t'entouraient quitte à les tuer. Je n'aurais pas laissé faire un truc comme ça, encore moins ce qui s'est passé par la suite et je n'aurais rien demandé en retour. Je me serais peut-être même sauvé et tu n'aurais jamais su qui (mais c'est bien beau les paroles) mais ce qui c'est passé, c'est passé.
Tu sais, je ressens exactement la même chose que quand je vois le film "irréversible" : la scène du viol où le gars passe au fond du tunnel voit la meuf en train de se faire violer et se casse sans même essayer de l'aider. Ca doit sûrement te soûler ce genre de truc [NDLR mon message par mail], tu dois en recevoir des milliers par jour.
Mais bon, j'aurais au moins essayé d'entrer en contact avec toi et de te faire part de mes sentiments.
Voilà la pensée d'un jeune garçon qui vit au Maroc, qui est purement marocain et qui a trouvé ce bouquin dans sa bibliothèque et qui ne sait pas comment il a atterri là.
PS : si je recevais une réponse, je serais vraiment très content
En tout cas, si c'est toi qui lis ce message, je te redis "chapeau"
Yacine, 19 ans, étudiant en droit à Rabat (Maroc)
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA CADAC ET DU CNDF
Samira Bellil est morte à 31 ans. Nous la saluons pour sa lucidité et son courage face aux violences dont elle a souffert et qu'elle a dénoncées avec tant de force et de ténacité.
Son témoignage force notre respect dans la lutte que nous menons pour les droits des femmes.
Nous lui rendrons, comme bien d'autres, cet après midi un dernier hommage.
& & &
Il y a un an, le mardi 16 septembre 2003, j'ai reçu et interviewé Samira BELLIL qui était l' auteure du livre : Dans l'enfer des tournantes, éditions Denoël, 2003.
Après cette émission, les réactions que j'ai reçues de la part des auditrices et des auditeurs ont toutes été unanimes : Samira Bellil est bouleversante et brillante, l'émission fut appréciée.
La chaine 7 de la TV allemande avait filmé l'émission, ce soir là, afin d'en montrer un extrait en Allemagne où le livre connaissait un énorme succès.
Avec Samira, j'avais sympathisé tout de suite et discuté longuement après l'émission. Admirable et téméraire, par son combat et surtout par son souhait de transmettre son témoignage pour que la société prenne conscience de la barbarie machiste que subissent certaines filles ou femmes, j'ai trouvé Samira attachante, et inoubliable.
D'où la peine, le choc et la consternation en apprenant sa mort.
L'émisison du 16 septembre 2003 sera rediffusée le mardi 28 décembre 2004, en hommage à SAMIRA.
Cordialement Marie-Anne J
***
Je suis très touchée de vous faire part du décès de cette jeune femme que j'ai eu l'occasion de rencontrer une fois et dont le courage et la force m'ont impressionnée.
Agnès GIL Centre Ressources du CODIF
&&& Voilà on s'était quitté quand tu essayais de trouver ta voie .
Le temps à fait que tu a fait ton chemin de croix .
Tu te rapelles Amiens,joliot les longues marches quand le dernier métro est passé ...
C'est simple aujourd'hui j'ai deux gosses une nvlle vie loin du machisme ambiant des cartiers et ce matin en apprenant la nvlle et bien ..
Tout est remonté à la surface le 1er appart, Radhouane les sons qui nous transportaient lors de certainnes soirées enfumées.
Je sais que tu n'est plus là aujourd'hui et que cette lettre est tout simplement un executoir .
Je te laisse.
Fabrice aka DASH
TU ME MANQUE TERRIBLEMENT ! ! !
&&& Bonjour,
Je suis étudiante assistante sociale en dernière année. Je viens par le site de Samira, vous dire que grâce aux Universités des femmes, nous avons pu (mes amies et moi) faire la connaissance de Samira.
Elle a eut la gentillesse de nous accueillir chez elle, pour que nous puissions lui poser des questions sur son passé. Elle a répondu à nos questions avec beaucoup de gentillesse, de simplicité, et...
Aujourd'hui ma copine m'apprend cette triste nouvelle. Je suis bouleversée. J'y croyais à peine !!!
Nous ne l'avons rencontré juste une fois, mais son accueil fut tellement incroyable, sa simplicité, nous nous sentions à l'aise, comme si nous la connaissions depuis toujours.... C'est rare de voir une personne connue par tous qui accueille et accepte de discuter simplement avec tout le monde.
Juste un petit mot pour une fille formidable !!!
Nelly étudiante assistante sociale 3ème année.
&&& Bonjour , j'ai appris ce soir le décés de Samira et j'en ai été bouleversée.
J'ai lu son livre et je m'étais promise de lui écrire pour lui dire toute mon admiration, à quel point je m'étais sentie proche d'elle sans la connaitre, je rends hommage a cette grande femme a son courage , son témoignage a aidé , j'en suis sure, beaucoup de personnes. Que la bénédiction de Dieu sois sur elle.
08/09 15:55 Expéditeur : ZIPBALLADIN
&&& Quelle triste nouvelle que d'apprendre le décès de cette admirable et courageuse jeune femme; Elle attirait une telle sympathie, on ne pouvait que l'aimer, elle va beaucoup nous manquer, mais on ne l'oubliera jamais, elle reste à jamais dans nos coeurs - Que pouvons-nous faire en sa mémoire?
marie-chantal.d (wanadoo)
&&& Lorsque j'ai reçu cette nouvelle ce matin au GAMS, j'ai cru à une mauvaise plaisanterie. En tout cas, c'est sans doute ce que j'avais envie de croire...
Mais de sources amicales, Samira est bien morte ...
Que dire ou écrire, beaucoup la connaisse à travers son écrit, "L'enfer des tournantes", moi qui ait eu la chance de la connaître et de partager avec elle des moments d'une rare intensité, je suis bouleversée... Car pour une fois, une femme comprenait qu'il n'y a pas de différence entre la douleur des enfants et la souffrance des femmes, que peu importe de telle ou telle "chapelle" à laquelle on se réfère le combat contre l'injustice et les violences faites aux femmes et aux enfants est la synergie de tous nos combats quelque soit nos souffrances passées ou à venir et surtout la propriété d'aucune et enfin, que quelque soit nos origines pauvres ou riches, éduquées ou non, étrangères ou non, ... notre seul combat était de faire entendre "les sans-voix".
Autrement dit, MERCI SAMIRA. Et comme tu n'aurais pas supporté, que l'on s'apitoie sur toi, servons-nous de ton exemple pour poursuivre notre quête d'une société plus juste pour les femmes et les enfants.
Isa (8 sept 2004 à 19h)
&&& J'aurais aimé être des vôtres pour accompagner Samira dans sa dernière demeure, j'avais beaucoup d'admiration pour elle, pour Fadela ainsi que pour ce mouvement NI PUTES NI SOUMISES qu'elles ont inspiré.
Mais je serai de tout c¦ur avec vous.
Je suis depuis longtemps "féministe" : je me bats dans différentes associations pour les droits des femmes, pour qu'elles aient enfin des droits égaux à ceux des hommes comme le dit cette loi de la République qui n'est pas appliquée !
Je suis horrifiée par ce XXIe siècle qui voit réapparaître des attitudes, des violences, des lois qui sont issues des temps les plus barbares, entachées d'un obscurantisme " bête et méchant ! "Je pense, hélas, que toutes les religions, dont les dogmes ont été institués par de simples mortels, sont à l'origine de nos maux !
Quel crime n'a-t-on commis et continue-t-on à commettre au nom d'un Dieu qui n'a rien à voir avec l'Amour Universel que ses disciples sont en droit d'attendre ! Je suis Athée (Grâce à Dieu disait Mouloudji) mais emplie d'une immense affection et tendresse pour tous les Êtres qui peuplent cette planète faune, flore, minéral compris !
J'aimerais donc continuer à vivre debout ! C'est-à-dire lutter pour que nos droits mais aussi nos devoirs envers tous et toutes soient effectifs, afin de vivre en paix les uns avec les autres dans le respect, la reconnaissance de nos différences mais aussi de nos ressemblances Je crois qu'il est urgent de reconnaître nos erreurs et d'y remédier autant que faire se peut, le temps nous est compté à présent !
Je serai heureuse d'être avec vous pour aider et participer à votre ¦uvre de solidarité et de prise de conscience. Amicalement : Martine S (artiste) 9 sept 8h
&&& Comme beaucoup de jeunes femmes, j'ai été bouleversée par la force de Samira, qui dénonçait l'inimaginable... Elle était devenue une icône pour moi, même si je ne l'ai pas connue.
En fin de compte, j'étais rassurée qu'une femme de sa trampe ose mener un tel combat, et contribue à donner du poids à la lutte symbolique contre le port du voile...Je croyais que les tabous tomberaient, que la violence machiste deviendrait vite honteuse.
Le chemin esquissé, voilà qu'Elle disparaît... sans doute détruite à petit feu par l'horreur endurée... Quelle injustice... Je ne trouve pas de mots pour justifier ma peine...Une grande soeur invincible, qui semblait défier tous les salauds du monde...
Qui sera l'emblème de ce combat, avec autant de force et de lumière ?
Comment ne pas se sentir orpheline d'une telle personnalité, même si tant d'autres sont là aussi pour lutter, malgré les insultes, malgré la haine?
J'espère que mon témoignage ne sera pas déplacé, mais je voulais simplement lui dire qu'elle me manque: je rêvais qu'elle aurait le temps d'être heureuse, qu'elle déplacerait des montagnes, et je pleure son départ si rapide.
Aurélie, Saint-Etienne. (9 sept 11h) & & & A cette petite soeur venue du soleil pour ne trouver que l'ombre et la violence
A toi Samira, nos pensées, notre affection et notre admiration
Notre combat a encore un long chemin à faire
Tu es un modèle et nos luttes futures nous les dédions à ta mémoire
Christine Simonis coordinatrice plate forme Femmes La Louvière /Belgique (9 sept 11h)
& & & Hommage Le collectif de femmes du printemps noir (cfpn) de Kabylie, Algérie, s'incline devant la mémoire deSamira Bellil et témoigne pour sa famille, ses amis et ses proches leur profonde sympathie, salue son courage et le courage de toutes les femmes qui subissent encore les viols et toutes formes d'agressions physiques et morales faites par les fous de dieu, et cela en toute impunité ici en Algérie ou
ailleurs. p/cfpn (melle MF) Chers amis, Permettez-moi de consacrer à la mémoire de Samira le poème d'Erich Mahsam, militant allemand antifasciste du début du XXe siècle qui me semble porté en lui les germes de la résistance, de la persévérance et de la transmission.
Fraternellement et Sororellement Dr Georges Yoram Federmann Citoyen psychiatre du Centre Ville Strasbourg 03 88 25 12 30 "Celui pour qui le soleil ne brille plus
Il n'a plus besoin d'amour.
Combien de chagrin pleure pour lui,
Il n'a pas besoin de le savoir.
Hommes, laissez les morts tranquilles
A vous appartient la vie
Chacun a bien assez à faire
À lever le bras et le regard.
Laissez les morts ils sont libres
Dans le sable humide.
Vous, sortez de l'esclavage,
De la misère et de la honte.
Un combat vaudrait-il des lauriers,
Épargnez à la mort ces cadeaux !
Mais reprenez l'épée du mort
Et menez son combat jusqu'à la fin.
Voulez-vous faire quelque chose de bien
Pour ceux que la mort a rencontrés.
Hommes, laissez les morts tranquilles
Et accomplissez leur espoir.
Erich Mahsam" Samira, Tu as travaillé avec nous pendant un an sur une magnifique création de théâtre de rue (No comment", de la compagnie Puzzle-théatre) qui fut en partie inspirée de ton histoire, ainsi que dans les classes de lycée.
Souriante, intelligente, dotée d'un aplomb qui imposait rapidement le respect et le recadrage des petits mecs qui te provoquaient dans les classes, ta présence et tes mots ont fait du bien à tant de gens.
Nous admirions ta force sans mesurer ce que coùte au corps de ravaler la rage. Il suffirait sans doute que celle-ci soit assumée par tous pour alléger le tribut de quelques êtres au courage exemplaire.
Nous sommes tous dans l'obligation de poursuivre ce combat qui est la matrice de tant d'autres batailles. Les rapports de domination, de compétition et de concurrence qui s'affichent aujourd'hui partout, parfois même sous le visage de la vertu, doivent bien plus aux valeurs perverses qui régissent la vie économique, sociale et spirituelle qu'aux poussées d'hormones. Or, les valeurs, ça se construit et se reconstruit. La crise du patriarcat est sans doute le préalable à cette refondation. Ne laissons pas le chantier en friche.
Marc L - Directeur du Théâtre de Chelles (77). J'utilise régulièrement l'ouvrage de Samira Bellil, dans un de mes cours aux étudiants en médecine de 3e cycle à la fac d'Angers (prise en charge d'une femme violéeŠ)
De cette façon Samira reste vivante à jamais dans ma mémoire, dans nos mémoires.
La violence extrême de ce qu'elle a subi, j'en suis persuadée a contribué à forger le lit de sa maladie, on ne tombe jamais malade tout à fait par hasardŠ
Les conséquences du viol, à court, moyen et long terme, sont ravageuses et engendrent des dégâts difficiles à cicatriser.
Samira se repose à jamais, elle reste un exemple d'humanité, de tolérance et de courage pour moi.
Sylvie C, médecin généraliste, généraliste enseignant. Bonjour, je vous informe qu'un article consacré à Samira Bellil, signé par moi-même, paraîtra dans la rubrique "Adieu" de Jeune Afrique, samedi 11 septembre.
Cordialement, Valérie T (Journaliste) & & & Communiqué de la Ligue du Droit International des femmes Samira BELLIL fait partie de ces très rares jeunes femmes qui ont osé briser le mur du silence qui entoure les viols collectifs.
Elle est avant tout une résistante elle rejoint en cela Sohane et Marie Trintignant.
Elle a écrit une page exemplaire de l'histoire des femmes donc de l'Histoire. Cette Histoire que l'on veut réduire aux guerres et aux attentats alors que les batailles que livrent les femmes sont à la fois celles-là mais aussi et surtout celles des violences parfois extrêmes au quotidien
Elle rejoint Sohane, morte brûlée vive à 17 ans pour avoir refusé de se soumettre à la loi d'un petit caîd de banlieue. Cela fera deux ans le 4 octobre prochain
Elle rejoint Marie Trintignant morte sous les coups de celui qui disait l'aimer et que l'on croyait, à travers ses chansons, héros de l'altermondialisation. C'était il y a un an, en août 2003.
La présidente Ligue du Droit International des femmes : Annie SUGIER &&& J'ai participé à la cérémonie d'hommage rendue à Samira lors de ses obsèques au Père Lachaise vendredi dernier. Ci-dessous le message improvisé que j'ai inscrit sur le registre de condoléances (à qq mots près car c'est de mémoire) :
Au nom de la Commission Femmes des Verts et des élus Verts au Conseil régional d'Ile de france, je veux rendre hommage :
- à ton courage, Samira,
- à ta volonté de faire respecter ta dignité, ta personne, ton corps
- à ta liberté de penser, d'agir, d'aimer, d'apprendre, d'échanger, de donner, de te rebeller ...
Je suis terriblement triste que tu n'aies pas pu, après tant d'années de souffrances, jouir de nombreuses années de bonheur !
Je suis terriblement triste aussi quand je pense à toutes tes soeurs de malheur, à toutes les jeunes filles qui ne trouvent chez elles que mépris, humiliation, incompréhension et/ou violence.
Ce matin dans "Libé" un titre : "Samira n'est pas morte"
- Oui, car tu es vivante dans nos coeurs et nos esprits
- Oui, car tu es vivante de ta rebellion, de tes luttes
Je voudrais terminer pour te dire qu'en tant qu'élue régionale, je mettrai toute mon énergie à faire respecter et progresser les droits des jeunes filles et des femmes, à faire bouger les choses !
Michèle LOUP Conseillère Régionale (Verte) IDF (en ligne 20 sept 2004)
&&& C'est avec une grande émotion que je viens d'apprendre la mort de Samira. Les femmes qui se battent contre ce fléau masculin ont, à mes yeux, le plus grand des courages et je leur dois le plus profond respect.
Je voudrais simplement exprimer ici ma très grande tristesse et toute ma compassion à ses proches et à ceux qui l'aimaient ou ont eu la chance de la rencontrer.
Christian PIERREDON www.pierredon.free.fr
& & & Nous apprenons par une dépêche de l'AFP, une très triste nouvelle: le décès de Samira Bellil, auteure du livre "Dans l'enfer des tournantes". Ce livre est un cri, un acte de courage, il doit être lu pour connaître et comprendre ce que vivent beaucoup de jeunes filles victimes des "tournantes" mais aussi victimes de l'indifférence, de l'incompétence et de la stigmatisation imposées par la société ... dont nous faisons partie. (Commission FEMMES d'Amnesty International)
& & & Je viens de finir le livre "Dans l'enfer des tournantes". Il est posé a coté de moi, les larmes coulent sur mon visage. La sincérité de ce document me bouleverse au plus profond de mes tripes. La vie est si injuste. Mais je sais que la justice non rendue sur terre sera faite le jour du jugement dernier. Sa mort si brutale m'a fait continuer son livre d'une autre manière, il fait désormais partie de ces événements qui construisent ma vie, il est gravé au plus profond de moi, et me suivra toujours. Il est devenu mon livre de prédilection.
Merci, Samira, pour ton courage, ta franchise, tes rêves, ta rage et surtout ton livre. Maintenant je sais que qu'il y a toujours une lumière au bout de ce tunnel, que la vie mérite d'être vécue et qu'il faut se battre pour ce que l'on veut. Merci à toi, un nouvel ange vient de naître, cette étoile éclairera désormais ma route.
Audrey, 20 ans, Méru
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