"Pour la Santé des Femmes,
Comité de Défense de la Gynécologie Médicale"

 

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voir deux pages : communiqué de mars 2003 et lettre

Lettre aux militants et militantes PS et aux secrétaires fédérales au droit des femmes.

Vous avez sans doute entendu parler de notre combat pour le rétablissement de la gynécologie médicale. Beaucoup d'entre vous, sans doute, n'y comprennent rien et se demandent ce que nous voulons encore ou pire, pensent qu'il s'agit d'une action contre le PS ou le gouvernement.

Il n'en est rien, bien entendu.

Il s'agit d'un combat désespéré, du pot de terre contre le pot de fer.

Le pot de terre ?

- Ce sont les 10 millions de femmes de tout âge qui ont un ou une gynéco médical(e) et qui ne peuvent imaginer devoir s'en passer dans 5 à 20 ans, ni que leurs filles ne puissent avoir les soins de proximité et de qualité dont elles ont bénéficié.

- Ce sont aussi les gynécos qui ont conscience de ce que leur compétence de spécialistes et leur travail a apporté aux femmes depuis plus de trente ans en matière de prévention et de soins de toutes sortes.

Le pot de fer ?

Ce sont tous ceux qui jugent la gynécologie médicale inutile:

Nous nous heurtons à deux groupes puissants, influents qui partagent la même opinion:

  • Le premier groupe s'oppose à ce qu'on rétablisse une spécialité de gynécologie médicale;
  • Les seconds s'opposent à l'accès direct au gynécologue

1) Le premier groupe est celui des chefs de services gynécologues-obstétriciens de CHU, (différents des obstétriciens de terrain avec qui les gynécos médicaux travaillent le plus souvent en bonne entente et complémentarité)

Il y a 15 ans et plus, il y avait 2 spécialités distinctes et complémentaires : la gynécologie médicale et la gynécologie obstétrique avec un an de formation commune et 2 ou 3 ans de formation distincte. Les motivations des étudiants étaient différentes et chacun choisissait ainsi et se formait au type de médecine qui lui convenait le mieux.

Ainsi ont été formés la plupart des gynécos actuels dont la pratique convient apparemment très bien aux femmes.

En 1984, les professeurs d'obstétrique sont parvenus à éliminer notre spécialité médicale, ne maintenant, comme dans les autres pays européens, qu'une spécialité unique chirurgicale : la gynécologie obstétrique. Cette spécialité est devenue de plus en plus technique et chirurgicale, la branche médicale étant petit à petit laissée de côté.

Ces professeurs, conseillers techniques des ministères s'opposent depuis 15 ans et aujourd'hui encore au rétablissement de la gynécologie médicale.Ils ont depuis longtemps l'oreille attentive des ministres.

2) Le deuxième groupe de pression qui s'oppose au rétablissement de la gynécologie médicale comprend tous ceux qui ne veulent plus de spécialités "de ville", ou "de cabinet". Il s'agit de la CNAM (Caisse Nationale d'Assurance Maladie) qui veut réduire considérablement le nombre de spécialistes et du syndicat MG France, syndicat de médecins généralistes, jusque là minoritaire mais très influent au PS.

Ce groupe veut le développement du médecin référent et des filières de soins. Le patient signe un contrat de fidélité avec son médecin généraliste et s'engage "à ne consulter que lui en première intention".

En contre partie, il ne paye pas la consultation ou seulement le tiers payant. Le médecin décidera alors, en ce qui concerne la gynécologie, si sa patiente a besoin ou non de consulter un gynéco et éventuellement lequel.fait partie de sa filière de soin.

Comme le disait le docteur Sopéna, ex-vice-président de MG France et comme le souhaite la CNAM : "L'évolution de la médecine, c'est effectivement des généralistes et des super spécialistes".

"Les spécialités qui pratiquent un acte intellectuel et n'ont pas besoin de plateau technique lourd seront amenées à disparaître", disait, Madame Dux, conseillère technique de B.Kouchner.

Donc, petit à petit, dans ce schéma, la gynécologie médicale, au même titre que la pédiatrie de ville, la dermatologie, l'ophtalmo, la rhumatologie, la psychiatrie.... n'auront plus lieu d'exister, sauf peut-être, comme dans les pays voisins, pour une minorité de privilégiés.

Or ce sont des spécialités très peu coûteuses, qui font un travail de qualité de prévention et de soins pour un prix dérisoire, qui demandent fort peu d'examens complémentaires coûteux du fait de leur compétence clinique et qui font faire de grosses économies humaines et à la Sécurité Sociale par leur important travail de prévention.*

Madame Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé, cherche à ménager tout le monde:

- les responsables de la Santé au PS qui souhaitent développer le médecin référent et les filières de soins, comme nous l'a confirmé Mr Pigement

- les professeurs d'obstétrique, conseillers techniques des ministères de droite comme de gauche, qui, ils nous l'ont dit à maintes reprises n'ont que mépris pour la gynécologie médicale et avaient décidé que les médecins généralistes avec deux à trois mois de formation prendraient la relève.

C'est pourquoi, malgré l'avis du CNESER (Conseil national de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche), qui a rejeté par un vote unanime et à deux reprises, le 15 mai et le 3 juillet derniers, le projet de création d'un diplôme commun avec l'obstétrique, elle s'oppose fermement à nos deux exigences, impératives si l'on veut véritablement rétablir des gynécologues médicaux en nombre suffisant pour les femmes de demain:

1) Le rétablissement d'un diplôme spécifique en gynécologie médicale, distinct de l'obstétrique.

Un tronc commun de formation avec les étudiants en obstétrique, puis deux branches l'une de gynécologie médicale, l'autre d'obstétrique et chirurgie, certes, mais débouchant sur deux diplômes différents l'un médical, l'autre chirurgical.

Nous ne voulons pas du diplôme commun avec l'obstétrique que le ministère cherche à mettre en place, car il maintiendrait la gynécologie médicale sous l'entière tutelle des professeurs d'obstétrique, qui ont beaucoup plus besoin d'étudiants en obstétrique qu'en gynécologie médicale pour faire tourner leurs services.

Par ailleurs il impose une formation inutilement longue et trop chirurgicale pour une spécialité médicale, décourageante pour de nombreux étudiant(e)s.

Un vrai diplôme, c'est la seule façon de garantir l'existence et la durée de cette spécialité et la mettre à l'abri des rivalités.

2) La garantie de l'accès direct au gynécologue dans l'avenir, écrite dans des textes législatifs.

C'est-à-dire la certitude pour les femmes qu'elles resteront libres de consulter directement leur gynéco demain comme aujourd'hui, quand elles-mêmes le jugent nécessaire, sans avoir à demander la permission à leur généraliste "référent" si elles veulent être remboursées.

C'est ce qui se passera si le système du médecin référent se développe, ce que souhaitent toujours certains partis politiques et la CNAM qui vient de voter 50 millions pour payer les généralistes qui accepteront de devenir médecins référents. (on paye les médecins qui imposent à leur patients d'être fidèles! )

Dans ce cas, l'accès direct au spécialistes ne sera plus remboursé de la même façon (plan Johanet) et en particulier la gynécologie médicale.

Conséquence immédiate: les étudiant(e)s n'auront pas l'inconscience de s'inscrire en gynécologie médicale, tant qu'ils n'auront pas la certitude que les femmes pourront toujours les consulter directement dans quelques années!

CONCLUSION : TROIS POSSIBILITÉS

1) Soit on croit que les gynécos médicaux sont utiles, qu'ils (elles) ont largement participé au développement de la prévention des cancers, des MST, des stérilités et évité de nombreuses interventions lourdes et parfois mutilantes, qu'ils apportent une consultation de spécialistes complète, personnalisée,"de proximité", accessibles à toutes (du moins dans la plus grande partie de la France):

Dans ce cas, il faut des gynécos médicaux, bien formés et en nombre suffisant pour que dans 15 ans, toutes les femmes qui le désirent puissent les consulter facilement, comme c'était encore le cas il y a quelques années (aujourd'hui, la pénurie se fait déjà sentir).

Dans ce cas, il faut favoriser l'inscription d'au moins 80 étudiants par an dans un vrai diplôme non dissuasif, de 4 ans comme les autres spécialités médicales, adapté, sûr et garantissant des débouchés.

2) Soit on pense, comme ceux qui ont supprimé la spécialité il y a 15 ans et quelques autres aujourd'hui, que les médecins généralistes, avec deux ou trois mois de formation complémentaire assureront la surveillance gynécologique des femmes et enverront les problèmes difficiles aux "vrais" spécialistes "à plateau technique lourd" que sont les obstétriciens chirurgiens hospitaliers.

Les médecins généralistes référents appliqueront le dépistage de masse (dit organisé et systématique) que la CNAM et le ministère mettent en place: avec un frottis tous les 3 ans de 25 ans à 65 ans (tant pis pour les pré-cancers fréquents que nous faisons opérer chez les plus jeunes, plus rarement les plus âgées) et un mammotest tous les trois ans après 50 ans, sans palpation, ni écho si nécessaire, ni connaissance de la femme et de son hérédité... (tant pis pour les femmes ayant un cancer à 45 ans ou un cancer palpable, mais non visible à la radio).

3) Soit on choisit le compromis, la demi-mesure, comme l'a choisi le ministère en faisant semblant de rétablir la gynécologie médicale:

- en refusant de garantir dans des textes officiels et sûrs, l'accès direct aux gynécologues dans l'avenir

- et en choisissant ce diplôme commun chirurgico-médical trop long, trop lourd, dont les postes d'internes et d'enseignants seront à la merci des rivalités car sous la tutelle des professeurs d'obstétrique, qui revendiquent déjà 200 postes d'internes rien que pour l'obstétrique.

Dans ce cas, très peu d'étudiants s'inscriront dans ce diplôme incertain, donc très peu de gynécologues médicaux seront formés. (Les DRASS nous confirment qu'aucun poste n'a été réservé à des internes en gynécologie médicale en septembre 2000 et il semble qu'aucun interne ne se soit inscrit, sur les 45 promis par la ministre!)

Les gynécologues médicaux seront "rares et chers" et réservés à une minorité de femmes privilégiées. C'est la médecine à l'anglaise, à deux vitesses.

Ce que nous demandons depuis 3 ans, c'est qu'on décide enfin et réellement de former au moins 80 gynécos médicaux par an, en plus des obstétriciens dont la pénurie s'aggrave et des généralistes qui souhaitent faire de la gynécologie de base (10% actuellement).

Dans ce cas, les femmes garderont le choix du médecin qui leur convient le mieux dans ce domaine intime et le nombre de femmes qui se font suivre régulièrement (60% aujourd'hui) continuera de croître régulièrement comme il le fait depuis 30 ans.

A nous tous, nous pourrons suivre correctement un maximum de femmes par une médecine compétente et personnalisée, beaucoup plus efficace que le dépistage "de masse" impersonnel, coûteux, à l'efficacité controversée.

Allons-nous oui ou non laisser disparaître notre exception française ?

Le 16 novembre 2000, une large majorité de sénateurs (RI, RPR et PC) ont voté un amendement pour le rétablissement d'un diplôme spécifique de gynécologie médicale, distinct de l'obstétrique et la garantie de l'accès direct au gynécologue.

Nous vous demandons de convaincre vos députés de le voter.

*- D'après les chiffres des registres des cancers, il y avait environ 6.000 cancers invasifs du col de l'utérus par an, il y a 20 ans, il y en a 1.600 aujourd'hui. (registre du cancer)

- Dans les autres pays européens, 30 à 46% des femmes n'ont plus d'utérus à 50 ans , contre 6,7% chez nous, d'après le CREDES

- 13% de plus de survie dans le cancer du sein chez les femmes françaises. (CIRC Lyon)


Novembre 1999
Le ministère est en train de proposer (voire d'imposer) un diplôme "bidon" de gynécologie médicale sous des apparences trompeuses.

C'est de la poudre aux yeuxŠ. Malheureusement!

Nous serions si heureuses de pouvoir nous réjouir et crier victoire!

Il s'agit d'un enterrement première classe de la gynécologie médicale sous des allures de baptême!

 

Lisez le détail dans notre communiqué de presse sur le site:

Lisez aussi " Où en est-on aujourd'hui" pour comprendre qui s'oppose à nous avec tant d'énergie.

On nous propose un diplôme secondaire, aléatoire, parcours du combattant, sans garanties, tout en continuant l'obstétrique et la chirurgie pendant 5 ans, enseigné seulement dans quelques CHU en FranceŠet tellement méprisé que, qu'on le fasse ou pas, on peut s'installer comme gynéco médical sans en avoir acquis la formation!

Quel mépris pour vous et pour nous!!

Et toujours aucune garantie que toutes les femmes pourront consulter demain leur gynéco directement, en particulier celles qu'on a incité, pour des avantages financiers, à signer un contrat de fidélité avec leur médecin référent.

Quelle étudiante va s'inscrire dans une spécialité en danger?

Déjà on ne s'inscrit plus en dermato et de moins en moins en pédiatrie pour les mêmes raisons!

 

Le 13 Novembre 1999, les "représentants" des Collèges des gynécologues médicaux vont voter pour ou contre ce diplôme appelé DESC.

Le président de la Fédération, le docteur David SERFATY, souhaite l'accepter, ainsi que quelques autres.

S'ils l'acceptent, c'est la fin du rempart, du front uni des gynécos médicaux qui, jusqu'à ce jour, sont restés unis au ministère, face au Pr LÉVY pour exiger un vrai diplôme, une vraie formation en gynécologie médicale.

Ce diplôme "bidon" sera imposé et il sera beaucoup plus difficile de s'y opposer.

 

Écrivez, faxez très vite, dès lundi

à David SERFATY, président : 9 rue Villersexel 75007 PARIS FAX: 01 42 8410 36

à Clara PÉLISSIER, 72 rue d'Auteuil 75016 PARIS FAX: 01 47 27 32 61

Suivant votre région: F. Lavieille (33), D. Pierre (54), E. Laplane-Caillol (13), F. Moustéou (06), S. Dat (31), F. Sailly (59); B. Ouvry-Neveu (76), H. Lardennois (76), J. Derrien (69), Pia de Reilhac (44).

 

Dans cette lettre, appuyez sur les points suivants:

- Expliquez avec vos mots pourquoi vous êtes attaché(e)s à la gynécologie médicale et que vous voulez que dans 20 ans, il y ait toujours des gynécos médicaux pour vous suivre, vous et vos filles, avec la même compétence qu'aujourd'huiŠ

- Il ne faut pas accepter une proposition qui n'offrirait toutes les garanties qui prouvent de façon certaine qu'on veut vraiment former correctement 80 gynécos médicaux par an pour prendre la relève de ceux (celles) qui partiront à la retraite dans les 20 ans à venir.

- Non à ce DESC! (diplôme études spécialisées "complémentaire"). Il faut un vrai diplôme, une vraie formation et des mesures faites pour encourager les vocations (comme c'était le cas il y a 20 ans et non pour les décourager comme ce sera le cas.

- Pas question de quelques gynécos bien formés dans quelques coins de France réservés à une minorité de femmes, mais, comme aujourd'hui, des gynécos bien formés, accessibles à toutes les femmes qui le souhaitent, quand ELLES le jugent utile et la liberté de les consulter directement, sans être pénalisée financièrement.

 

"Pour la Santé des Femmes : comité de Défense de la Gynécologie Médicale"
3 rue de Genève 81000 ALBI

Docteure Dominique MALVY


Mouvement créé par les Docteures Dominique MALVY (décédée en mars 2002) d'Albi et Gisèle JEANMAIRE. Le site cdgm.org donne la liste des 120 comités qui se sont créés un peu partout en France

 


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