RAJFIRE

Réseau pour l'Autonomie Juridique des Femmes Immigrées et Réfugiées

 

MOTS CLÉS
droits des femmes immigrées, citoyenneté, égalité, solidarité, soutien aux sans-papières

mél

mise à jour : oct 2006

OBJET

  • Défendre et promouvoir les droits des femmes migrantes, immigrées, étrangères, régfugiées, en France et en Europe ;
  • Lutter pour l'égalité, le droit d'asile, le droit au séjour et à la libre circulation, contre le racisme, la xénophobie, le sexisme et toutes les discriminations.

Réseau fondé en 1998, il lutte :

  • pour les droits des femmes immigrées, pour l'égalité et l'autonomie,
  • pour la liberté de circulation et le droit d'asile,
  • contre les discriminations et les violences à l'encontre des femmes étrangères (ou d'origine étrangère) en France, dont le système prostitutionnel et le trafic international des femmes.

Dans ses permanences :

  • il soutient et informe les femmes étrangères confrontées à la législation française et à d'autres lois ou coutumes oppressives ;
  • il travaille en réseaux avec tout groupe ou association partageant les mêmes objectifs d'émancipation, d'égalité et d'universalité des droits.

 

Siège social : 73, rue de Reuilly, 75012 Paris
Association déclarée le 2 janvier 2002.
No 20020005 / 1255 du 02/02/02 75 - Paris (ILE-DE-FRANCE)

 


FEMMES UNIES ET SOLIDAIRES CONTRE TOUTES LES EXCLUSIONS !

Le RAJFIR (Réseau pour l'Autonomie Juridique des Femmes Immigrées et Réfugiées) lutte pour les droits des femmes étrangères, immigrées et réfugiées, pour l'autonomie, pour l'égalité.

Nous voulons :

- des papiers pour toutes et tous. Nous revendiquons la régularisation de toutes et tous les sans-papiers, avec un titre de séjour qui garantisse leur droit à vivre et travailler en France (carte de résident). Nous voulons la fin de la répression contre les sans-papiers, la fermeture des centres de rétention, la libération des personnes emprisonnées pour défaut de papiers. Nous combattons les lois xénophobes et anti-immigrés, dont la dernière en date est la loi Chevènement, dont nous demandons l'abrogation.

- l'égalité entre les hommes et les femmes. Nous combattons la double oppression , la surexploitation et le racisme que subissent les femmes étrangères ou immigrées, dont particulièrement les femmes sans-papiers. Nous exigeons l'accès réel des femmes étrangères et des femmes sans-papiers à tous les droits acquis et revendiqués par les luttes des femmes en France (dont le droit à la contraception, à l'IVG, au travail, l'égalité des salaires, les droits sociaux...).

- le droit à l'autonomie des femmes. De nombreuses femmes étrangères n'obtiennent un titre de séjour qu'en tant qu'épouse d'un résident (par mariage ou dans le cadre du regroupement familial), et peuvent en être privées en cas de séparation. Nous exigeons un titre de séjour pour toutes les femmes indépendamment de leur situation de famille et nous soutenons toutes les revendications qui vont dans le sens de la liberté individuelle des femmes.

- le respect du droit d'asile pour toutes et tous. Nous voulons que les femmes victimes de menaces et de persécutions sexistes, de viols et violences sexuelles, de répression du fait de leur homosexualité, d'atteinte à leur corps, leur liberté et leur dignité, puissent être reconnues comme réfugiées en France et en Europe.

- le respect de la laïcité. Nous refusons que des codes de statut personnel discriminatoires et d'inspiration religieuse puissent s'appliquer en France et en Europe et demandons la résiliation des accords bilatéraux avec les pays d'origine qui autorisent cette application.

 

La lutte pour les droits et les libertés des étrangers, la solidarité internationale que nous construisons, doivent inclure les revendications des femmes, la défense de leurs libertés, et de l'égalité dans tous les domaines.


MANIFESTE DES FEMMES SANS-PAPIERS

Nous sommes des femmes sans-papiers. Nous vivons en France. Nous voulons nos droits.

Certaines d'entre nous, on nous a fait venir pour travailler en France. Certaines sont venues avec une promesse d'embauche ou un travail et une fois ici ont été rejetées, parfois même sans être payées. On nous dit maintenant de rentrer chez nous mais c'est injuste car tout le travail fait par les immigrés, par nous et nos familles a bien profité quand il y a eu besoin de main d'oeuvre en France.

Nous voulons le droit de vivre librement dans ce pays, nous voulons nos papiers.

Beaucoup d'entre nous ont fait le choix de vivre toute seule ; c'est un droit de vivre comme on l'entend. Sinon ce n'est pas la peine de proclamer « liberté -égalité - fraternité». Les droits doivent être les mêmes dans le concubinage comme dans le mariage mais notre sort ne doit pas leur être lié. Il y en a qui ont été obligées de se marier pour avoir des papiers et elles sont tombées dans la dépendance de leur mari. Certains d'eux profitent de la situation et essayent de prostituer leur femme ou les dénoncent à la police en se séparant d'elles. Les épouses de polygames et leurs enfants ne sont pas responsables non plus et ne doivent pas être pénalisés en raison de cette situation. Femmes célibataires, concubines, séparées ou divorcées, il est injuste que nous soyons encore plus exclues de la régularisation.

Nous voulons pouvoir choisir notre manière de vivre et avoir les mêmes droits quelle que soit la situation conjugale ou familiale. Les droits doivent être attachés à la personne et non au statut familial.

La circulaire de régularisation de juin 1997 a piégé les gens, la loi de 1998 ne résoud pas nos problèmes, et la dernière circulaire du ministre de l'intérieur, en octobre 1999, vise à accentuer la répression contre nous ; au « pays des droits de l'homme » ce n'est pas normal, ce n'est pas humain de vivre dans l'attente et dans l'angoisse, l'espoir sans cesse déçu. Sur quoi les préfectures se basent-elles pour traiter les dossiers ? Il y a des sans-papier(e)s qui ont toutes les preuves et qui sont rejeté(e)s. Il leur faut sans cesse trouver d'autres documents, faire d'autres démarches. Des gens ont été régularisés, d'autres non, alors que leur situation est la même. Le sort de celles et ceux qui ont été étudiant(e)s et qui doivent attendre quinze ans pour être régularisés, les différences de traitement selon le pays d'origine, tout est prétexte à multiplier les situations et à repousser des demandes.

Nous ne voulons plus de cette loterie et de cet arbitraire. Nous voulons des papiers pour tous et toutes sans discrimination.

Sans papiers, nous vivons comme en prison : impossible de sortir de France, d'aller voir sa famille en vacances, de voir ses enfants lorsqu'ils sont au pays et c'est un déchirement de voir les autres aller et venir librement et nous d'être bloquées. Nous sommes bloquées pour tout : pour travailler légalement, faire des études, trouver un logement, nous déplacer. Nous ne pouvons circuler librement par crainte des contrôles policiers, des arrestations, des expulsions. Des violences (physiques, sexuelles) sont aussi commises dans les centres de rétention ou dans les commissariats. Nous ne pouvons pas donner à nos enfants, quand nous en avons, les soins et les écoles dont ils ont besoin alors qu'ils souffrent particulièrement de la situation de leur mère. Beaucoup d'entre nous ont des problèmes de santé liés au stress, à l'angoisse, aux conditions de travail. Sans sécurité sociale, il est difficile de consulter, d'avoir recours aux soins. L'information sur l'aide médicale est difficilement accessible. Quand des femmes sans-papiers subissent des violences, des agressions, elles ignorent qu'elles peuvent porter plainte, ou craignent de le faire.

Nous ne voulons plus de cette peur et de cette précarité. L'information sur les quelques droits que nous avons doit être mieux diffusée.

Nous sommes contraintes à travailler sans être déclarées. Nous faisons le ménage, gardons des enfants, aidons des personnes âgées, nous travaillons dans des ateliers de confection, dans des restaurants... Ces emplois sont mal payés, parfois pas payés du tout, nous sommes surexploitées, avec de longues heures de travail, sans protection, sans respect des droits du travail ni de l'hygiène et de la sécurité. Nous ne pouvons prendre ni repos, ni congés de maladie, ni congés payés. Nous ne pouvons pas suivre une formation professionnelle ni des études. Nous pouvons être soumises à un véritable esclavage. Quand nous habitons chez nos employeurs nous n'avons pas de liberté. Nous pouvons être mises à la porte d'un jour à l'autre et perdre à la fois travail et logement. Les horaires ne sont pas fixés d'avance, et nous devons nous soumettre à la volonté des patrons. Nous sommes aussi exploitées par des personnes sans scrupules (par exemple des avocats véreux) qui s'enrichissent sur notre dos.

Nous voulons nos papiers pour travailler en rapport avec nos compétences et dans des conditions humaines, nous exigeons le respect des droits les plus élémentaires du travail et de la formation.

Nous voulons avoir le choix, retourner dans notre pays, ou vivre en France. Nous ne voulons pas être contraintes au retour, nous voulons le droit de vivre ici. Le retour forcé brise la vie, les relations, que nous avons construites ici.

Les préfectures, pour refuser des papiers à des femmes célibataires, prétextent la présence de parents au pays, que nous devrions rejoindre. Mais c'est inacceptable à notre âge d'être considérées comme des mineures.

Nous venons de pays où la majorité des gens vivent dans la pauvreté et où il n'y a pas assez de travail ; c'est avec notre salaire que nous faisons vivre notre famille au pays. Si nous rentrions, sans travail, sans revenu, comment ferions-nous ? Nous devrions repartir à zéro.

Ici, nous sommes habituées à un certain mode de vie, là bas nous risquons d'être dépendantes des autres. Ici nous avons la liberté d'habiter seule, de prendre des responsabilités. Là bas tout cela est mal vu. Les femmes qui ont vécu seules en Europe sont souvent considérées comme des femmes trop libres, et rejetées comme des femmes trop émancipées qui ne vont pas se laisser faire. Les hommes disent qu'une femme qui a « traîné » ici depuis quinze ans ne va pas être une bonne épouse et la femme vivant seule en France est souvent considérée comme une prostituée. Dans certains pays nous serions en danger. Certaines d'entre nous ont fui des menaces et des violences, un mariage forcé, la guerre, et ont demandé l'asile en France, mais le plus souvent ce droit d'asile soit respecté

Nous voulons le droit de circuler, le droit de vivre ici, de vivre selon notre choix, le droit d'asile pour les femmes persécutées.

Nous voulons nos papiers et tous nos droits, nous voulons l'égalité, la liberté, une citoyenneté pleine et entière, sans discriminations, que ces discriminations viennent des lois françaises, des lois et traditions de notre pays d'origine (codes de statut personnel), du racisme ou de coutumes et comportements oppressifs.

Nous nous battons pour cela et nous ne cesserons pas de nous battre.

Paris, novembre 1999.

Les réunions générales ont lieu une fois par mois, le dimanche après midi, à la Maison des femmes, 163 rue de Charenton. L'adresse postale est soit : Maison des femmes, soit : Fasti.

c/o Maison des femmes, 163 rue de Charenton, 75012 Paris
ou : FASTI, 58 rue des Amandiers, 75020 Paris
Permanences : lundi 16h30-19h à la Maison des femmes, fax 01 43 43 42 13 ;


 


Accueil

Synergie-FAMES

Associations

Conférencières

Agenda

Plan du site
Copyright ® L'Annuaire au Féminin (TM)   Contact