Flora BROVINA

Pédiatre, Poétesse, fondatrice de l'association  indépendante
"Ligue des femmes Albanaises" au Kosovo (Lidhja e Gruas Shqiptare)

english

 

Née le 30 Septembre 1949, à Skenderaj, Kosovo.
 

ÉDUCATION

Après des études primaires et secondaires à Prishtina, elle a fait des études de Médecine, à l'Université de Prishtina, qu'elle a continué à la faculté de Médecine de l'Université de Zagreb, pour terminer avec un doctorat en pédiatrie.
 

JOURNALISTE

De 1973 à 1981, elle a travaillé comme journaliste à plein temps pour le quotidien "Rilindja" à Prishtina. Elle était membre du comité éditorial du "Kosovarja" et du "Teuta" tous deux féminins très connus publiés en Albanien.
 

POÈTE

Elle a publié les recueils de poésie suivants :

  • "Donne moi un nom" (1973) et en 1999 à Belgrade en Serbe
  • "Plante et Voix" (1979),
  • "La Fleur de neige" (1988-Tirana),
  • "Mesures" appropriées (1995).

Sa poésie a été traduite en de nombreuses langues entre autres, anglais, italien, espagnol, hongrois, roumain, turc et arabe.
 
 

MILITANTE

Elle est Présidente de la "Ligue des Femmes Albanaises du Kosovo", une association non-gouvernementale et non-politique qu'elle a fondée en 1992.

Après le début de la guerre, en Mars 1998, elle a créé le "Centre pour la Réhabilitation des Femmes et des enfants" où elle s'est occupée des femmes et enfants qui fuyaient les zones de guerre au Kosovo. Ce centre est resté ouvert, même pendant les bombardements de l'OTAN. Il était, en fait, la seule institution à Prishtina qui aidait les civils atteints pendant la guerre. Elle a été l'une des organisatrices de plusieurs manifestations pacifiques contre la violence et la guerre au Kosovo.

Arrêtée le 20 Avril 1999, juste avant que les troupes de l'OTAN n'arrivent, elle a été emmenée hors du Kosovo,  et envoyée en Serbie où le régime de Milosevic l'a condamnée à 12 années de prison. Après les changements de gouvernement en Yougoslavie, elle a été libérée après 19 mois d'emprisonnement, le 1er Novembre 2000. Sa libération est le résultat d'une intense pression internationale des gouvernements de l'Union Européenne, de groupes de défense des droits humains, d'associations d'écrivains, de groupes de médecins, de nombreuses personnalités connues et de l'ensemble du monde civilisé.
 

RÉCOMPENSES et PRIX

En Janvier 1999 (avant son arrestation), le journal "Marie Claire" l'a désignée comme l'une des trois femmes les plus influentes au monde.

Le PEN Club suédois lui a attribué le prix "Tucholsky" en 1999. Par ailleurs le "PEN American centre" lui a attribué" le "Barbara Goldsmith-Freedom-to-Write" (liberté d'expression) en 2000. Le PEN hollandais en 2000 lui a accordé son prix annuel. Flora BROVINA est membre d'honneur de nombreux PEN Clubs internationaux dans le monde.

En 2000 à Athènes, Flora BROVINA a été nominée "Femme des Balkans", par la Fondation des Enfants et de la Famille et l'UNESCO. Également en 2000, elle a reçu le prix "Jonathan Mann" pour la Santé et les Droits de l'Homme, attribué par de nombreuses organisations mondiales bien connues, comme les "Doctors of the World", "Global Health Organization", "Association Francois" et beaucoup d'autres. A Paris elle a reçu le prix "La Ferthé" pour le courage d'écrire pour l'année 2000. En Allemagne, elle a reçu le prix "Heinrich Boll" pour le courage civil en 2000.

L'Association Américaine pour l'Avancement de la Science (AAAS qui a 145,000 membres et 300 groupes) a choisi d'honorer la Dre. Flora BROVINA pour l'année 2001, selon leurs mots pour "son travail humanitaire au Kosovo avant et pendant les bombardements de l'OTAN, sa fidélité aux principes de respect de l'homme, son attitude de non discrimination et sa non violence, et son courage durant sa détention, son procès et son emprisonnement par le gouvernement Serbe. Enfin en 2001 , elle a reçu le "Prix Millennium de la paix pour Femmes", donné par l'UNIFEM et "International Alert" tous les cinq ans.

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 (Biographie envoyée directement par Flora BROVINA).


Déc 2001 : voir son interview de novembre quand elle s'est présentée pour les présidentielles au kosovo.

Déc 1999

Flora BROVINA , une pédiatre Kosovare de 50 ans, connue pour sa poésie et sa campagne pour les Droits des Femmes, a été condamée à 12 années de prison par un tribunal Serbe pour terrorisme le 9 Décembre 1999.

Elle a été accusée d'avoir commis des actes terroristes contre la Yougoslavie en rejoignant des groupes qui demandent l'indépendance pour la région du Kosovo.

Elle a aussi été accusée d'avoir aidé les membres de l'UCK que la Yougoslavie considère comme des terroristes.

Pendant les bombardements de la Yougoslavie au début 1999, la clinique de la docteure Flora BROVINA assurait des soins aux  femmes et aux enfants restés à Pristina.

22 avril 1999 : "enlèvement" par des para militaires
18 novembre 1999 : AMNESTY BELGIQUE
10 décembre 1999 "Libération"
Son dernier message, lors de son procès
janvier 2000 : lettre de DFN à envoyer pour sa libération
comment s'informer

Flora BROVINA a été libérée quelques jours après la chute de Milosevic
et elle est venu en France à l'automne 2000, à l'invitation de la FIDH


ven 10 déc 99 "Libération"

Douze ans de prison pour une militante albanaise

Flora BROVINA, albanaise du Kosovo et militante des droits de l'homme a été condamnée hier (9 déc 1999) par un tribunal serbe à douze ans de prison, pour "activités liées au terrorisme" pendant la guerre du Kosovo.


Document reçu en fév 2000

 

PAROLES  DE FLORA BROVINA -  Procès de NIS, Serbie 9 Décembre 99

Lors de son procès, Flora BROVINA, poétesse, médecin et leader de la "Ligue des Femmes Albanaises de Pristin" au Kosovo, a été condamnée à 12 ans d'emprisonnement par les autorités serbes sous le délit "d'organisation d'activités ennemies et terroristes sous la loi martiale". Plusieurs défenseurs des droits de l'homme étaient présents au procès, et parmi eux Stasa ZAJOVIC, de l'association "Women in Black", Radmilla LAZIC poétesse, Natasa KANDIC, Humanitarian Law Fund, toutes de Belgrade.

 Voici ses derniers mots (en public)

 "J'ai consacré ma vie entière aux enfants, quelle que soit leur nationalité. Les enfants ne savent pas à quelle ethnie ils appartiennent si leurs parents ne le leur disent pas. Je n'ai jamais séparé mes patients suivant leur ethnie, leur religion ou suivant les choix idéologiques de leurs parents. Je suis fière de cela, et même si je n'étais pas Albanaise, j'aurais fait la même chose. Je suis l'une des personnes les plus impliquées dans l'aide humanitaire au Kosovo, j'ai sacrifié ma santé pour pouvoir aider les femmes et les enfants. Si j'étais libre, je travaillerais encore plus, je pourrais aider ceux qui souffrent le plus maintenant, ce ne sont plus les Albanais qui souffrent le plus au Kosovo, maintenant ce sont d'autres, et je travaillerais de toutes mes forces pour les aider, les Serbes, les Roumains...

Mon devoir a été de m'impliquer en tant que femme, que médecin, que poète, pour l'émancipation de la femme albanaise, pour éveiller sa conscience aux droits de la femme, pour aider ces femmes à se battre pour leur liberté, pour les aider à comprendre que, sans indépendance, ni l'économie ni la liberté ne peuvent exister. Dans la "Ligue pour les Femmes Albanaises", j'ai créé des ponts d'amitié dans le pays et le monde entier. Nous avons coopéré le plus avec les femmes Serbes. Les femmes Serbes m'ont donné le plus fort des soutiens, peut-être connaissent-elles le mieux nos problèmes, et ce sont elles qui les ont présentés le mieux. Les femmes Albanaises ne doivent jamais oublier cela !
Je suis extrêmement déçue que la Cour sous-estime ainsi le rôle des femmes dans le monde. Il est extrêmement important que les femmes soient reconnues les égales des hommes. Je ne renierai jamais le droit de se battre pour les droits des femmes. Je me battrai toujours pour les droits des femmes.

La Cour m'a accusée de m'être battue pour la sécession du Kosovo et l'annexion de l'Albanie, et je répète : "Mon pays est là où sont mes amis et où mes poèmes sont lus". Mes poèmes vivent en Suisse, en Inde, au Brésil, en Pologne, dans chacun de ces pays, je suis dans leur maison. Mes poèmes ont été publiés dans l'Encyclopédie des Poètes de Yougoslavie (ex-Yougoslavie) et c'est quelque chose de très important pour les femmes Albanaises.

La communauté albanaise ne s'est jamais conduite de cette manière avec ses voisins, les femmes et les enfants.

Maintenant au Kosovo, ils prennent une revanche, à la fin du XX° siècle. Je suis vraiment navrée de ne pas être libre, d'être en prison, de ne pas être capable d'influencer plus ce qui se passe maintenant au Kosovo, de ne pas pouvoir faire plus pour aider celles qui sont expulsées, déplacées. Je suis sûre qu'elles feront comme si j'étais avec elle, parce que ce sont des femmes, j'espère qu'elles se conduiront de façon juste. Je ferais tout ce que je peux pour qu'elles puissent retrouver leur foyer, je ferais tout ce que je peux pour que la communauté Serbe et les Albanais se réconcilient. Les intellectuels du Kosovo devraient soutenir la réconciliation, d'autres communautés se sont battues, peut-être même plus qu'ici et maintenant elles sont réconciliées."

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Flora a quitté le tribunal en marchant lentement, la police a signifié de façon arrogante et par des mots rudes que la famille et les amis ne pouvaient avoir aucun contact avec elle. Les deux soeurs de Flora, arrivées du Kosovo, la poètesse Radmilla LAZIC et moi-même, avons accompagné Flora jusqu'au fourgon de police. Pendant un instant, nous avons réussi à mettre la paume de nos mains sur les fenêtres de la voiture de police. A ce moment, un policier nous a dit d'une voix insolente "elle est entre bonnes mains".

Il y avait deux policiers à l'avant du véhicule. Devant mes yeux ont défilé des femmes emprisonnées: Leyla ZANA, Kurde emprisonnée en Turquie, Rigoberta MENCHU, Aung SUUN KI ...

Nous avons fait au-revoir de la main à Flora tant que nous avons pu voir le véhicule de police qui partait. J'étais en état de choc, en état de "sombre honte" comme le dit Ana AHMATOVA, parce que chacune d'entre nous aurait pu être à sa place...

Stasa ZAJOCIV de "Women in Black"
Belgrade, 14 décembre 99

Traduction anglais/français offerte par Monique Wilczewski 02/2/2000, traductrice et webmistress basée dans le Nord Pas de Calais.


18 novembre 1999 AMNESTY BELGIQUE

RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DE YOUGOSLAVIE
Amnesty International est indignée par la condamnation d'une femme médecin kosovare à douze ans de détention Index AI :  EUR 70/133/99

 

Au terme d'un procès inique, un tribunal serbe siégeant à Nis a condamné hier une femme médecin kosovare à une peine de douze ans de détention pour "association en vue de la réalisation d'activités hostiles" et "terrorisme".

Amnesty International pense que les autorités font de Flora BROVINA un exemple et demande instamment sa libération. Bien que le jugement écrit n'ait pas encore été rendu public, les informations dont dispose l'Organisation indiquent que les charges retenues contre ce médecin sont sans fondement.

La docteure BROVINA était accusée d'avoir prêté main forte à l'Ushtria Çlirimtare e Kosovës (UÇK, Armée de libération du Kosovo) en lui fournissant des médicaments, en soignant des combattants blessés et en l'aidant à se procurer des uniformes. Ces activités auraient été menées à Pristina, dans sa clinique et dans les locaux de la Lidhja e Gruas Shqiptare (Ligue des femmes albanaises), association qu'elle a contribué à fonder en 1992. Au tribunal, elle a nié entretenir le moindre lien avec l'UÇK. D'après les informations recueillies sur le procès, le dossier du ministère public était des plus minces et se composait essentiellement d'aveux signés sous la contrainte.

Au cours des débats, elle a rétracté ces déclarations et indiqué qu'après son arrestation en avril, à Pristina, alors que le conflit du Kosovo faisait rage, elle avait été interrogée à 18 reprises, parfois du matin au soir sans la moindre nourriture. Elle a affirmé qu'elle souffrait d'une angine pendant  cette période et qu'en une occasion elle avait été frappée à la tête par la police. 

Apparemment, les autres éléments à charge résidaient dans les déclarations d'un témoin, des photocopies de documents et une photographie montrant le docteur BROVINA avec un homme vêtu d'un uniforme de l'UÇK, qu'elle a déclaré avoir rencontré par hasard car il était le mari d'une de ses amies.

Au cours de l'audience d'hier, le tribunal a accédé à la demande du ministère public, qui avait requis la modification de l'acte d'accusation afin qu'il permette l'application de peines plus sévères prévues en temps de guerre.

Selon les autorités, quelque 1.900 Kosovars sont détenus dans les prisons serbes. Certains d'entre eux ont déjà été condamnés au terme de procès iniques, à la suite d'aveux arrachés sous la torture, tandis que d'autres attendent d'être jugés dans des conditions qui risquent fort d'être tout aussi inéquitables.


janvier 2000 - traduction lettre DFN à envoyer au président MILOSEVIC

Monsieur le Président,
 

Je vous écris pour protester contre le jugement injuste de l'activité de la docteure Flora BROVINA à 12 années de prison.

La docteure Flora BROVINA, une Albanaise du Kosovo, qui a organisé de nombreuses manifestations non violentes contre la violence, a été arrêtée à Pristina, la capitale du Kosovo le 20 Avril 1999, pendant les bombardements de l'OTAN contre la Yougoslavie. On l'a accusée ensuite d'actes terroristes contre la Yougoslavie en rejoignant des groupes qui demandent l'indépendance du Kosovo.
Elle a aussi été accusée d'aider les membre de l'Armée de Libération du Kosovo (UCK) que la Yougoslavie considère comme une organisation terroriste.

Le 9 Décembre 1999, la Cour de Justice de la ville de Nis l'a condamnée pour terrorisme à 12 années de prison.

Pendant les bombardements de l'OTAN, la clinique de la docteure Flora BROVINA assurait un service médical aux femmes et aux enfants de Pristina, la capitale de la province du Kosovo. Elle a dénoncé les violations des droits humains par les Serbes au Kosovo.
Chaque gouvernement a l'obligation de maintenir l'ordre parmi ses citoyens. Mais le travail PUREMENT humanitaire de la docteure Flora BROVINA ne faisait de tort à personne.
Bien qu'elle ait appelé à l'indépendance pour la région du Kosovo, elle a toujours eu une attitude non violente.

Cette femme poète, pacifiste et activiste ne mérite pas la terrible sentence.

Je vous demande respectueusement que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour faire un sorte que la docteure Flora BROVINA sorte de prison immédiatement.
J'attends votre réponse.




Comment s'informer

1) taper <http://www.altavista.com>
2) taper "BROVINA" et garder "all languages"
3) les 10 premières références sont les plus précises

voir les sites par exemple :
<http://www.ainfos.ca/fr/.ainfos00454.html> en français, dont un texte de claudie.lesselier
<http://www.ifex.org/alert/>
<http://www.amnesty.de/de/2914/aikosovo2.htm>
<http://www.khao.org/appkosovo.htm>
<http://www.amnestyusa.org>


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