Joëlle DESBRUERES

Licence en droit, Sciences Po, Bilingue anglais

mél : jodebru@club-internet.fr

06 60 68 61 40

 

"La société actuelle veut des enfants,
à condition de ne pas prendre le temps de les mettre au monde
et de les éduquer"

& & &

"On compte sur les femmes pour accomplir, sans aucune formation,
la tâche la plus lourde de conséquences pour l'histoire du monde,
celle d'élever la génération suivante.
Mais on rechigne à les promouvoir à la dignité de chef de service
Š"

 

La femme, paraît-il, est l'avenir de l'homme. J'aurais préféré qu'elle en soit le présent. En gros, quand elle est jeune, une femme est trop sexy, ensuite elle est trop vieille. Combien, à cette aune, y a-t-il eu de Madame Mozart assassinées ? Chacune d'entre nous souhaite à sa fille un avenir correspondant à sa seule compétence.

A 14 ans, j'ai demandé, et obtenu, une dispense pour présenter la première partie du baccalauréat en classe de seconde, sautant ainsi la première. A moins de 20 ans, j'étais licenciée en Droit (4 années à l'époque). Seul constat : c'était bien, "pour une fille" !

A 26 ans, Droit et Sciences Po, après avoir été attachée de presse à l'Ambassade de France à New-York, je parlais anglais couramment. De retour à Paris, j'ai découvert la longue liste des entreprises qui ne pouvaient pas m'engager, explicitement, parce que j'étais une femme. En ces temps lointains, on pouvait encore, légalement, l'écrire dans une lettre de refus.

Je me suis battue pour être reconnue comme cadre, chez Rank-Xerox, puis pour obtenir, comme journaliste à la revue "Industries et techniques", des rubriques comme celle des travaux publics, qui me passionnaient, bien que je n'ai pas le bon profil sexuel.

Question : avec quel organe parle-t-on d'une route ou d'un pont ?

 

COMMUNICATION AUDIO-VISUELLE

Mon premier contact normal m'a fait entrer dans la communication institutionnelle, naissante, par le biais de l'audiovisuel.

Depuis, la communication, par l'image et par l'écrit, est mon métier. Il faut, pour exercer ce métier, une vraie curiosité, un bon esprit d'analyse et de synthèse, le sens de l'interview, la connaissance et le respect des destinataires.

Pour faire un film, faut savoir bâtir et écrire un scénario (didactique ou dialogués), et - naturellement - posséder les techniques de l'image et du son, qui ont beaucoup évoluées au cours de ma carrière. Plus que de prix - j'en ai reçus au festival de Biarritz - je m'enorgueillis du silence attentif qui s'établissait lors de la projection de certains de mes films. Cela m'apportait beaucoup de compliments, mais peu de contrats.

En parallèle, j'ai élargi ce métier de la communication à la réalisation d'études, destinées soit à la conception de brochures, soit à la synthèse de problèmes précis dans un but de marketing, d'image, ou de gestion de personnel - en free-lance ou pour le compte d'agences. J'ai également continué d'écrire, pour des magazines, des articles sur la communication.

Tout au long de ma vie professionnelle, en tant que salariée ou sous mon statut actuel de profession libérale, je me suis plongée dans des sujets que je découvrais, et des entreprises que je ne connaissais pas davantage, pour y puiser la matière de rapports, ou de films correspondant au message à transmettre, adaptés à des publics définis et très divers, en fonction de conditions de diffusions différentes. Ma culture s'est enrichie de ces multiples immersions.

 

ENSEIGNEMENT

J'enseigne depuis plusieurs années la communication institutionnelle à l'ESRA (Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle), après en avoir été chargée à Jussieu. Je prends grand plaisir à ces cours, que je sais rendre vivants, en particulier en proposant à mes élèves, de jeunes adultes, d'autres regards sur leurs éventuels a-priori.

 

TALENTS

  • L'écriture. J'écris bien, vite, clairement, de façon concise, avec un vocabulaire précis.
  • L'écoute.
  • L'esprit de synthèse. Six essais politico-économiques, un essai féministe, un essai sur l'éducation, deux romans. (Vous ne seriez pas éditeur, par hasard ?)
  • Le contact personnel. Je m'intéresse vraiment à mes interlocuteurs, ils le sentent, et notre relation en est facilitée.
  • L'animation de groupes.

     

REMARQUES IMPERTINENTES :

Les hommes et les femmes sont différents. Ce qui devrait être le sel de la vie se réduit à la négation de tout ce que peuvent apporter les femmes, avec un autre regard, une autre sensibilité, un autre type de rigueur intellectuelle, un ancrage particulier dans le concret, des responsabilités personnelles très délicates : on compte sur elles pour accomplir, sans aucune formation, la tâche la plus lourde de conséquences pour l'histoire du monde, celle d'élever la génération suivante. Mais on rechigne à les promouvoir à la dignité de chef de serviceŠ

Etre femme me procure de grands bonheurs. Ma tête fonctionne bien, mon corps, entretenu par la natation quotidienne, continue de séduire. Quand je parle chiffons, je ne me sens pas plus futile qu'un homme qui parle football. J'aime rire et plaire. J'ai avec des femmes et des hommes des amitiés, des intimités, des complicités riches et solides. Mais toute ma vie, je me suis heurtée au fameux plafond de verre. Si, dans une réunion où j'étais la seule femme, j'intervenais d'une façon normalement intelligente, on croyait me flatter en me considérant comme une femme "exceptionnelle". Le phénix émergeant de la masse des sottes, mes cons¦urs, mes semblables. Mes amis producteurs, de leur propre aveu, ne confiaient un gros budget à une femme que si elle avait un mari comme caution dans le même métier.

Etre une femme, en somme, était au-dessus de mes moyens, puisque cela m'empêchait non seulement de gagner de l'argent, mais surtout de faire des choses intéressantes, et dont, sans modestie, je peux dire qu'elles étaient intellectuellement à ma portée. Selon la légende, on ne peut pas compter sur une femme, entre autres parce que les hommes, plus sensibles à l'infarctus (invalidant), et plus casse-coup (jambes dans le plâtre !), refusent le risque terrible du congé de maternité. Avec une remarquable incohérence, la société actuelle veut des enfants, à condition de ne pas prendre le temps de les mettre au monde et de les éduquer.

Question : faut-il avoir une opinion sur la pertinence du travail des femmes, dans une société où le seul salaire de l'homme ne suffit plus à entretenir la famille ? Le fond du problème est que les hommes se méfient &endash; à juste titre &endash; de la concurrence. Fréquemment coiffés au poteau des résultats universitaires par une jeune fille, ils la bloquent ensuite, dans sa carrière. Rien ne dit que, en position de force, nous n'aurions pas le même comportement, mais, pour l'instant, c'est improuvable.

Considérer la discrimination comme une excuse est tentant, mais les statistiques sont là, et, comme moi, beaucoup de femmes ont été exclues de par leur seule féminité. La grande majorité d'entre elles le ressentent et l'expriment, avec une fréquence et une violence que les hommes n'imaginent même pas.

Je ne suis pas seulement désolée pour elles, je suis consternée par la disparition de tous ces talents, au détriment de la société toute entière. Cette société, construite par les hommes, est-elle si merveilleuse qu'il faille continuer de leur en laisser l'exclusivité ? Pourquoi englober les femmes dans les communiqués des désastres dont elles ne sont pas responsables ? Par exemple, a-t-on jamais vu une femme monter sur un toit pour tirer sur tout ce qui bouge, comme les snippers en ex-Yougoslavie ?

De générations en générations, des vies de femmes ont été gâchées, puis glorifiées au siècle suivant. Nous sommes les héritières des innombrables Olympe de Gouges sur lesquelles on s'extasie après coup. Et nous continuons à vivre l'Apartheid.

 


Mise à Jour : 28 janvier 2003

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