Nicole FONTAINE, députée européenne (réélue en 2004) Ancienne Présidente du Parlement Européen
ancienne Ministre
déléguée à l'industrie (2002-2004) dans le gouvernement de Jean-Pierre RaffarinContacter par notre intermédiaire FORMATION
Après une licence en Droit en 1962, et un diplôme à l'Institut d'Études Politiques de Paris en 1964, elle obtient un doctorat en Droit Public.
PARCOURS PROFESSIONNEL
Elle commence sa vie professionnelle comme avocat à Paris. Entrée comme conseillère juridique au Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique, elle devient membre du Bureau national (1972/1981) puis déléguée générale jusqu'en 1984. Ceci, en dépit de ses grands parents instituteurs dans l'enseignement public.
A ce poste, elle acquiert la réputation d'une femme énergique : elle coordonne les relations entre les pouvoirs publics et l'éducation privée (catholique). Elle développe une étroite relation de confiance avec les autorités. En tant que membre du Conseil Supérieur de l'Éducation Nationale entre 1975 et 1981, elle défend les intérêts de l'école catholique face aux projets éducatifs du Parti Socialiste. En 1980, elle entre au Conseil Économique et Social.
PARLEMENT EUROPEEN
Puis en 1984, à 42 ans, elle est élue au Parlement Européen sur les listes de l'Union pour la Démocratie française UDF (née en février 1978 comme confédération de partis pour soutenir le président Valéry Giscard d'Estaing, et dont une coposante était le Centre de Démocrates Sociaux CDS). Elle avait participé à sa fondation en mai 1976. Elle prend une part active et elle en devient vice-présidente. Ce parti reprenait l'héritage du Mouvement des Républicains Populaires (MRP), une des forces majoritaire dans la IVe République. Dans sa jeunesse, elle en avait une sympathisante, attirée déjà par la "démocratie chrétienne" et l'engagement européen.
Comme eurodéputée, elle s'est montrée très active sur les questions de
- l'Europe des Citoyens,
- la libre circulation de personnes,
- les projets de formation d'étudiants,
- la validation de titres académiques.
Ré-élue en 1989 dans le groupe parlementaire du Parti Populaire Européen et des Démocrates Européens (PPE), elle est choisie comme vice-présidente du Parlement et fait partie de la Délégation mixte "Parlement européen-Parlements Nationaux".
Au début de 1994, quelques mois avant d'être réélue pour un troisième mandat, elle est désignée par son parti pour faire parti du "Comité de Conciliation", institué par le Traité de l'Union Européenne (TUE) de 1992. Après avoir soutenu Jacques Chirac dans les présidentielles français de 1995, son nom circulait comme "ministrable", mais le nouveau premier ministre Alain Juppé ne l'a pas nommée dans son Gouvernement.
En juillet 1994, elle devient première vice-présidente du Parlement. Le 20 juillet 1999, elle est élue présidente avec 306 voix, contre 200 obtenues par l'ex président portugais et député socialiste Mario SOARES et 49 à la Verte finlandaise Heidi HAUTALA.
La dernière femme à avoir exercé cette fonction, en 1979-1982, avait été Simone VEIL, qui, en 1984 était précisément tête de liste pour les élections Européennes au sein de l'UDF. Le libéral irlandais Pat COX lui a succédé.
A la tête d'une institution qui manque peut-être d'un important pouvoir politique, Nicole Fontaine a été remarquée durant son mandat de deux an et demi par sa promotion active du Parlement Européen comme le seul organe investi de légitimation directe des citoyens des états membres. Eelle a tenté de rendre plus transparents les processus de décision complexes et en animant les débats autour de questions de base qui affectent les citoyens.
Pendant son mandat, le Parlement a participé à l'élaboration de la "Charte Européenne des Droits Fondamentaux", embryon d'une "Constitution européenne" hypothétique, qui a été approuvée par le Conseil Européen de Biarritz, en octobre 2000, puis signée et proclamée par le Conseil Européen de Nice, en décembre 2001.
La présidente, décidée à construire "une Europe politique qui ne se contente pas d'être un club économique", a été déçue par la décision finale des mandataires, dont le président de son propre pays, Jacques Chirac, de ne pas doter la Charte de moyens plus efficaces.
Elle a condamné les démonstrations de racisme néonazi dans les pays de l'UE et a défendu sans ambages l'imposition de sanctions politiques à l'Autriche, en janvier 2000, à la suite de l'élection du nationaliste de Jörg Haider dans le nouveau Gouvernement fédéral. Sa démarche la plus caractéristique concerne le terrorisme. Ainsi, en septembre 2000 le Parlement a rendu hommage aux victimes du terrorisme.
Avec un langage sans ambiguité, elle a affirmé que le terrorisme constitue "la négation même de la démocratie" dont l'objectif n'est rien d'autre que celui de "tuer la liberté".
Présente sur de nombreux fronts, elle a su donner un visage au Parlement européen. Parcourant inlassablement le monde, elle a également promu l'image du Parlement au-delà des frontières européennes. Plusieurs mois avant que l'Afghanistan ne fasse la une des médias, elle recevait à Strasbourg feu le commandant Ahmed Shah MASSOUD, pour dénoncer le régime taliban.
Le 15 janvier 2002, elle s'est retirée avec l'investiture de Pat COX. Elle est redevenue une députée de base du PPE.
Femme de forte personnalité, éloignée du profil de fonctionnaire européen type, elle a laissé une impression positive, tant parmi ses collègues parlementaires que parmi les autres hauts fonctionnaires de l'UE et dans les gouvernements des états membres, pour avoir su relancer l'image du Parlement Européen devant les citoyens de l'Union.
Dans le cadre plus restreint des relations de travail, elle a reçu des compliment de divers groupes idéologiques, y compris des Communistes et des Verts, par sa capacité à exposer avec rigueur ses avis toujours clairs sur la construction européenne. Tous et toutes lui reconnaissent une capacidité à diriger les débats parlementaires avec impartialité et sans dogmatisme, bien qu'il n'ait pas manqué de critiques à quelques-unes de ses sorties verbales. Selon quelques observateurs, cette respectabilité et ses capacités font d'elle une ministre potentiel d'un futur gouvernement de son pays ...
Egalement, Présidente de la fondation Scelles (juin 2004)
Page et photo au Parlement Européen
&&& "Mes combats à la présidence du Parlement européen" de Nicole Fontaine - Plon - 243 pages (10 janvier 2002)
Quatrième de couverture "Vingt ans après Simone Veil, Nicole Fontaine a présidé le Parlement européen. Sans langue de bois et à l'aide de nombreuses anecdotes, elle décrit cette expérience unique au sein du plus grand parlement démocratique du monde, où 626 députés élus représentent 380 millions d'Européens de 15 Etats, parlant 11 langues différentes. Ainsi fait-on connaissance de la première responsable politique qui reçut le commandant Massoud ; qui soutint le combat des femmes afghanes - qui mit en garde les Européens contre Jorg Haider ; devant laquelle Jean-Marie Le Pen s'inclina en prononçant sa célèbre réplique : "I'll come back" ; qui, contre tout protocole et très simplement, relata sa discussion avec la reine d'Angleterre ; qui défia le même protocole pour assister aux obsèques du roi du Maroc où les femmes n'étaient pas admises ; qui enfin s'éleva avec fermeté et humour contre une administration accrochée à ses habitudes : «On a toujours fait comme cela»... Pour Nicole Fontaine, l'Europe aura gagné quand on dira : «Tu as bien travaillé comme député français; maintenant tu mérites un mandat européen» Et non le contraire".
Née le 16 janvier 1942, à Grainville-Ymauville, département de Seine-Maritime (France).
Mise en ligne : juin 2002 mise à jour : mai 2006
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