Antoinette FOUQUE

"La voix des femmes"

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 Du MLF au Parlement européen,
Antoinette Fouque fait évoluer sa cause hors des ornières sectaires.
Et assiste ses soeurs kurdes ou bosniaques.

[son site Des Femmes]

De la cofondation du Mouvement pour la libération des femmes à son élection au Parlement européen - " le plus beau jour de ma vie" - (...) le combat de cette enfant de Marseille n'a pas changé. La ville où elle est née lui a fait don de sa chaleur et de cette pointe d'accent, synonymes d'une ouverture qui incite en retour au respect. Pénélope sereine, depuis l'époque où elle a connu l'expérience fondamentale de la gestation, "dans la solitude de (son) corps" - les deux sexes sont égaux, mais dissymétriques - Antoinette tisse sa toile aux couleurs des femmes, noir d'encre et rouge sang. "A gauchecomme je me situais, cette différence ne pouvait me renvoyer ni aux réflexes conservateurs ni à la position de Simone de Beauvoir, qui s'est retrouvée "flouée". D'entrée de jeu, j'ai su que l'on pouvait aller au-delà de la discrimination et sortir de l'égalité nivelante. C'est là-dessus que, dès 1968, j'ai fondé mon combat pour la libération des femmes".

Arrivée à Paris (...), elle travaille aux éditions du Seuil, fait une thèse avec Barthes et entre en analyse avec Lacan. Au début de 1974, elle fonde les éditions Des Femmes. "Le rôle de la psychanalyse a été très important dans le mouvement que j'ai lancé rue des Saints-Pères. Pour Lacan, il n'y avait qu'une libido, pas deux. Or, partout où le "un" se pose comme absolu, le revers de la médaille est le totalitarisme".

A l'avènement de la gauche, Antoinette part pour les Etats-Unis, tout en continuant de diriger les éditions. A son retour, elle crée l'Alliance des femmes pour la démocratie, qui prend le relais du MLF. "En analysant les mots, je me suis aperçue que j'étais passée de l'idée de libération à celle de démocratisation, indice qu'une étape avait été franchie". Elle soutient alors un doctorat de sciences politiques. A partir de 1986-1987, il lui semble que les femmes ont "acquis suffisemment de citoyenneté pour affirmer leur existence au niveau politique ". Elle prend la décision de présenter une liste électorale. "Les résultats ont été médiocres, mais pas plus que ceux des écolos à leurs débuts. Et cette dynamique nous a permis de faire progresser l'idée de parité".

C'est pour défendre la parité et la construction d'une société cogérée par les deux sexes (la classe politique est composée à 90% d'hommes  et, aussi, pour que cette parité soit "qualitative et non quantitative" (...) que la fondatrice du féminisme français se retrouve, en mai 1994, à la treizième place sur la liste du MRG aux élections européennes. Malgré les persiflages, Antoinette croit à la victoire et mène une telle campagne qu'elle conquiert le siège. Elle est également élue vice-présidente de la commission des Droits des femmes au Parlement européen. dans la continuité d'une action qu'elle juge plus épanouissante que jamais, ses nouvelles fonctions lui permettent de poursuivre un discours novateur, courageux, dérangeant et d'apporter " une expérience acquise en dehors des partis ".

En dépit du mal qui la prive de l'usage de ses jambes, elle sillonne le monde pour assister sans répit ses soeurs souffrantes: Maghrébines, Egyptiennes, Turques ou Bosniaques. Toutes celles dont elle a eu l'occasion de s'occuper, ces dernières années, se battaient pour la démocratie. La Birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, l'écrivain bengali Taslima Nasreen, "figure de proue des démocrates qui résiste au raz de marée intégriste", la Kurde Leyla Zana, prix Sakharov, en prison pour quinze ans, l'Algérienne Khalida Messaoudi, condamnée à mort par le FIS, prouvent que "l'engagement n'est pas dissociable de la lutte pour la démocratie". Au Parlement Européen, ses propositions de résolution pèsent d'un grands poids. Antoinette y dénonce l'intégrisme religieux, "qui a peur du visage de l'autre, qu'il soit celui de l'étranger ou celui des femmes", et martèle le droit des intellectuels persécutés à la pleine liberté d'expression.
 

 Anne PONS Article paru dans "L'EXPRESS" du 16 au 22 mars 1995
 Antoinette Fouque, " Il y a deux sexes ", Gallimard, 1995

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(Interviews, témoignages et discours) BON PLAISIR (LE) - DES FEMMES

MALETTRA Françoise [Réalisateur] / SARRAUTE Nathalie / LOURDES PINTASILGO Maria de / WEIL Simone / FREUND Gisèle / BARRET-DUCROCQ Françoise / MONTRELAY Michèle / LECLAIRE Serge / CIXOUS Hélène / VERNY Françoise / SUSINI Marie / CHAPSAL Madeleine / DENEUVE Catherine / VEILLERET Monique [Assistant réalisateur]

Une double cassette consacrée à Antoinette Fouque, fondatrice et directrice de l'édition 'Des Femmes'. Mais Antoinette Fouque est surtout une femme qui s'est battue pour l'émancipation de la femme: elle est en France, la fondatrice du MLF. Les présentes cassettes se partagent une longue intervieuw d'Antoinette Fouque par Françoise Malettra, et entrecoupées de témoignages de plusieurs femmes de lettres ou proches d'Antoinette Fouque ainsi que des hommes ayant approchés l'éditrice.

 


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