Brigitte GRÉSY Cheffe du Service
des Droits des Femmes et de l'Egalité
au Ministère des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité"On va arriver à faire des choses, envers et contre tout"
Copyright L'Annuaire au Féminin ®Contact par notre intermédiaire Femme de coeur, très cartésienne Anglais : bon niveau
mise à jour : 10 sept 2003
En quelques mots
Agrégée de grammaire, elle a été professeure de lettres classiques puis fut reçue au concours de I'ENA (promotion Liberté-égalité-fraternité, 1989).
Elle a été chef de la mission internationale au service de l'électronique et informatique (direction des stratégies industrielles) du Ministère de l'Industrie (1990- 1991) avant d'être chargée de mission auprès du directeur général des stratégies industrielles (1991-1993) puis directrice de son cabinet (1993- 1995).
Elle effectua ensuite sa mobilité à l'Inspection Générale des Affaires Sociales (1995-1996). Elle a été conseillère du Ministre du travail et des affaires sociales pour la formation professionnelle et l'insertion des jeunes.
Elle est, depuis juin 1998, chef du Service des Droits des Femmes au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité.
Propos recueillis par Brigitte CASSIGNEUL en juillet 2003
SA VISION DE LA VIE
Très cartésienne mais aussi femme de coeur, elle croit profondément que "notre intelligence et notre capacité d'action ne sont pas sexo-spécifiques". La rigueur de la pensée et l'adaptation au réel ne sont pas, pour elle, innées mais acquises, pas plus féminines que masculines.
ENFANCE
Née à Nantes, sa famille bretonne suit les affectations de son père, fonctionnaire, à Besançon et Rouen. Troisième enfant et deuxième fille, à la fois disciplinée (toujours bonne élève) mais un peu "rebelle", elle suit les conseils de sa mère "études et autonomie financière avant tout". Mère lorraine, aînée de six enfants, qu'elle admire beaucoup et qui avait fait partie de la première promotion à faire du latin à l'Ecole Normale Supérieure (de jeunes filles) de Sèvres.
Ambiance studieuse, centrée sur l'effort, son père tout dévoué au "Service Public" lui inculque "qu'on n'a rien sans rien". Pour tout son entourage, rien n'est pire que les "fils et filles à papa, qui se contentent d'hériter". Pour elle, le mérite et les concours sont importants.
Quelques bémols : elle n'a pas le droit d'aller en Angleterre ni de faire du ski (lorsqu'elle était à Besançon) car note son père "on se prépare le vendredi et on s'en repose le lundi".
Pour parcourir le monde, elle se rattrapera, dès son premier salaire à 19 ans, et ses premiers voyages à l'étranger seront pour l'Italie et la Grèce (études classiques obligent !). Puis, elle emmènera ses enfants hors de France dès leur âge de 3 ans.
FORMATION
Bac à 16 ans, elle vient à Paris à 17 ans pour préparer "Normale Sup". C'est d'abord les IPES (première autonomie financière à 20 ans) puis elle enchaîne CAPES de lettres classiques en 1969, Agrégation de grammaire en 1970 et l'ENA en 1989
PARCOURS PROFESSIONNEL en quatre temps FEMMES : à présent et ce, depuis juin 1998, elle est Cheffe du Service des Droits des Femmes et de l'Égalité, au Ministère des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité.
Pas directement militante dans des associations, elle a pourtant toujours été "sensibilisée aux questions femmes", depuis son enfance car sa mère était active (professeure toute sa vie), Toujours en contact avec des groupes de réflexion, surtout liés à l'écriture (dans la mouvance d'Hélène CIXOUS).
À son niveau de responsabilité, elle est heureuse de travailler depuis 5 ans déjà, donc dans la durée. Elle veut "non seulement corriger mais travailler en amont des problèmes". Pour elle, la question centrale est celle de "la prise en charge des enfants" qui repose aujourd'hui à 80 % sur les femmes, sans qu'il y ait partage entre les hommes et les femmes de cette responsabilité.
Dans cette mission, elle rencontre beaucoup de monde "Je suis frappée par le nombre et la qualité de femmes -extraordinaires- qui existent en France".
Bien qu'elle reconnaisse qu'il y a des avancées en France pour les femmes, elle n'oublie pas les femmes dans le monde qui n'ont pas nos acquis : les Afghanes, les femmes d'Arabie Saoudite ...
Auparavant
1. ENSEIGNEMENT
À 22 ans, elle est nommée Professeure de lettres classiques au Lycée de Péronne, puis au Lycée Hoche à Versailles et au Lycée de Saint-Cyr l'École (78), en classes de premières et terminales. Elle développe déjà une approche "inter-disciplinaire" et crée des "espaces de liberté" en animant un groupe de théâtre avec ses élèves. Plus original encore, elle innove en travaillant avec des professeurs d'université.
Elle est en même temps, professeure de formation permanente aux concours administratifs. Après une quinzaine d'années, elle sent qu'elle peut faire autre chose et son proviseur de l'époque - un découvreur talentueux de talents - lui suggère "vous devriez bouger".
2. ADMINISTRATION
Elle prépare donc le concours de l'ENA : marathon très prenant et défi à relever. Avec deux enfants, une vie personnelle réduite au strict minimum (sans sorties ni télévision pendant un an), elle est reçue à la "PENA" (préparation à l'Ena) puis à l'ENA. La Littéraire qui, enfant, aimait aussi les sciences, découvre le droit et l'économie.
Après un stage de six mois au ministère de la culture (Délégation aux Arts Plastiques) et un autre de six mois à COGEMA où elle réalise un audit de communication interne et d'image d'entreprise pour l'ensemble des établissements français, elle choisit l'industrie.
1989-1990 la voit au Bureau Europe du Ministère de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire, Adjoint puis Chef de bureau : réalisation d'un "Abécédaire de l'Europe", préparation des Conseils "Industrie" à Bruxelles.
1990-1991 c'est le Service de l'électronique et informatique, chef de la mission internationale : organisation des réunions bilatérales avec les Pays de l'Est, Japon, Taiwan, Chine ; expert français dans les programmes européens de recherche et développement en électronique/informatique à Bruxelles, déléguée française à l'O.C.D.E.
En 1993, elle entre au Cabinet du Directeur Général des Stratégies Industrielles, d'abord comme Chargée de mission, poste où elle met en place une démarche qualité, des éléments de communication interne et externe, mais assure aussi le suivi des dossiers européens. Elle travaille parallèllement au Plan dans le groupe sur la politique de concurrence/politique industrielle en Europe, puis elle est nommée Directeure de cabinet, fonction assurée pour la première fois par une femme.
3. SOCIAL
1997-1998 elle est à l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Elle remplit des missions sur les emplois jeunes, les centres de santé Guyanais, le dispositif des tutelles et curatelles d'État, etc
1996-1997 Elle est au Cabinet de monsieur Barrot, Ministre du Travail et des Affaires Sociales : comme conseillère technique dans le domaine de l'insertion des jeunes et de la formation professionnelle.
Elle se souvient d'un déchirement entre vie personnelle et vie professionnelle : à une certaine époque de sa vie, "déjà avec 2 enfants, je travaillais jusqu'à 21 heures en cabinet et mes collègues masculins restaient jusqu'à minuit. Je me sentais coupable vis-à-vis d'eux mais aussi vis-à-vis de mes enfants"
1995-1996 Inspection générale des affaires sociales, elle a en charge la mobilité, l'audit de la DRASS d'Orléans et de la CRAM de Lille, des missions sur les aliments diététiques et sur les engagements de développement de la formation professionnelle.
FEMME DANS LA CITE :
Elle a été Conseillère Municipale de Versailles de 1983 à 1989 (Commission éducation et culture).
Ce texte a été relu par Madame GRESY qui a donné son accord pour sa publication sur internet
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