Françoise NALLET

Déléguée Générale
Union Nationale des Associations Territoriales Retravailler

Son rêve : "que l'orientation soit reconnue
comme une fonction sociale stratégique essentielle,
et qu'ainsi elle participe à la construction d'un futur
où Hommes et Femmes seraient enfin égaux
"

Un parcours tout entier au service de l'ORIENTATION


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Mère à 18 ans, elle s'engage dans des études de lettres modernes (mais avec option latin) ; elle enseigne deux ans dans l'Éducation Nationale mais renonce très vite à continuer car elle réalise que ce n'est pas sa voie. Elle commence à donner des cours du soir à la Bourse du Travail de Bordeaux et prépare des agents de la Caisse des dépôts et consignations aux concours internes.

Puis rapidement elle intègre le service de formation continue de l'université de Bordeaux 1. À l'époque (1 980) c'était le "grand boum" de l'informatique, et les femmes voulaient pour la plupart s'y engouffrer, sans trop savoir ce dont il s'agissait. C'est à ce moment qu'elle mesure l'importance de l'orientation professionnelle.

En 1989, son titre change, elle intègre la DAFCO (Délégation Académique à la Formation Continue) et dirige "Interface", qui coordonne l'offre de formation professionnelle de l'Académie de Bordeaux (GRETA, IUT et Universités).

Elle fait aussi du conseil aux entreprises. On lui a plusieurs fois proposé de devenir consultante indépendante, mais elle refuse. Son goût du Service Public (avec deux majuscules) lui fait préférer le travail "en réseau" au sein d'organismes nationaux.

Ce faisant, elle acquiert une compétence qu'elle juge essentielle dans la construction de son parcours professionnel : la recherche des meilleurs ajustements entre les aspirations individuelles et les besoins des organisations.

C'est ce qui l'amène à s'intéresser de près au Bilan de Compétences expérimenté dès les années 1986-1989 sous l'impulsion de Michel DELEBARRE, et généralisé par André LAIGNEL en 1989 par la création des CIBC .

Pour elle, c'est une étape importante : de "technicienne" de la formation, elle devient "manager". Elle crée le CIBC de la Gironde, elle organise son fonctionnement et manage une équipe institutionnelle.

Puis elle accède à une fonction stratégique comme Présidente du groupe National de Liaison, nom initialement donné au réseau des CIBC.

 

FEMMES

Dès l'âge de 20 ans, elle a conscience de la problématique "femmes", et fait partie de groupes de parole ou de réflexion. Elle milite pour la libération des femmes dans plusieurs mouvements. Lors de son divorce à 23 ans, elle dit avoir été très aidée et soutenue par un groupe de femmes et des réseaux de solidarité. Elle participe à un "groupe de réflexion interdisciplinaire", pour l'égalité entre femmes et hommes à l'université.

Dans son travail, elle remarque que la démarche des femmes est différente de celle des hommes. Celles qui viennent sont la plupart du temps en rupture de vie (divorce ou autre). Ces femmes cherchent du travail ou à se repositionner à la fois pour des questions de survie (chute brutale des revenus) ou volonté d'actualisation des connaissances. Elles expriment souvent des doutes sur leurs compétences, ce que les hommes font rarement.

Elle se souvient en particulier de femmes sorties titulaires de Bac +5 en informatique industrielle de l'université, très compétentes, qui n'arrivaient pas à s'insérer. Non pas faute de compétencesŠ mais faute d'acceptation par le milieu. Les quelques cas de réussites tenaient à des personnalités "extraterrestres" (en général des filles uniques que le père, industriel, avait élevées sans stéréotypes de sexe). Sinon, ces femmes s'orientaient vers l'informatique de gestion, où elles étaient mieux acceptées. Dans tous les domaines technologiques, les femmes étaient largement minoritaires. À l'époque, une femme dans ce type de secteur était soit "rejetée" soit "mascotte", et dans les deux cas, la position n'était pas facile du tout. Aujourd'hui, les choses ont un peu évolué. Les entreprises ayant de gros problèmes de recrutement, ont ainsi été amenées à faciliter l'insertion des femmes.

 

RETRAVAILLER

Elle est contactée par la Présidente de cette grande association qui a besoin d'une nouvelle Déléguée Générale. Elle postule en même temps que quelques autres candidates et c'est elle qui est nommée en février 1998.

Ses motivations : la dimension réseau et celle de projet collectif de RETRAVAILLER l'intéressent beaucoup. De plus, elle souhaite travailler à un certain niveau de réflexion, de veille et de prospective, tout en gardant le contact avec le terrain (elle continue à former des formateurs et des formatrices).

À son arrivée, elle lance deux grands chantiers sur les "fondamentaux" de RETRAVAILLER :

1. La redéfinition des partis pris d'intervention de l'association,

2. La rénovation des méthodes et outils techniques d'orientation.

Actuellement, le c¦ur du métier de RETRAVAILLER consiste dans une pratique de l'orientation professionnelle conçue comme un processus de formation avec un gros travail sur les représentations, afin de lutter contre les stéréotypes sexués qui enclavent les projets professionnels des femmesŠ mais aussi des hommes.

 

L'ORIENTATION

Son objectif est de faire basculer l'image de l'orientation, de permettre une plus grande liberté des choix professionnels, de banaliser et en même temps de valoriser la fonction d'orientation.

Elle la voit comme un "pilotage de carrière" et souhaiterait qu'elle soit mobilisée comme telle et pas seulement dans les situations d'échecs.

De façon plus générale, elle s'intéresse aux problèmes d'identité dans la vie professionnelle, puisque les grands marquages sociaux disparaissent. Les identités professionnelles sont mouvantes, ce qui fait que l'affirmation identitaire est d'autant plus importante.

 

SON IDÉAL ? La promotion sociale.

Sa définition : faire de la vie d'un individu un espace de développement personnel et d'opportunité de cheminement.

Pour elle, l'important, c'est le chemin : s'enrichir et progresser.

 

SON UTOPIE est de travailler sur le grand chantier de l'éducation. Car, selon elle, c'est l'éducation qui permettra de débloquer les barrières mentales, de dépasser les archaïsmes pour que tout le monde y trouve son compte.

 

SON LIVRE (Défense et illustration de l'orientation professionnelle continue) est déjà prêt et elle est en pourparlers pour le faire éditer.

 

SON JARDIN SECRET est un vrai jardin près de Bordeaux, autour de sa maison, où elle se ressource chaque fin de semaine.

 

Propos recueillis par Brigitte CASSIGNEUL (avril 2003)

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Mise à Jour : 30 avril 2003

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