Marie-France PICART
Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France"Mon ambition : participer à l'évolution de la Société" Un bureau classique dans un immeuble moderne. C'est le siège administratif de la Grande Loge Féminine de France dans le 20° arrondissement de Paris. La Grande Maîtresse me reçoit avec une des ses adjointes et d'emblée parle des "valeurs à défendre".
Comme l'affirme l'article 1 de sa Constitution, la Grande Loge Féminine de France a pour but "la recherche constante et sans limite de la vérité et de la justice dans le respect d'autrui, afin de contribuer au perfectionnement de l'humanité".
Son premier contact avec la GLFF remonte à 1979 : elle voulait s'investir et s'engager, pour "changer la société" mais les partis politiques ou les syndicats ne lui convenaient pas tout à fait.
Elle souhaitait une structure "plus large" et surtout éviter "un cadre trop rigide".
Initiée en mai 1980, elle a exercé de 1995 à 1997 un premier mandat au Conseil d'Administration. Les 33 conseillères, membres du CA, (comme dans toute association,) représentent l'ensemble des membres.
Un "convent", leur Assemblée Générale, réunit les déléguées de toutes les loges (350 en 2003) chaque année en septembre à Paris. La Grande Maîtresse est élue pour un an, et peut être ré-élue deux fois de suite.
Marie-France PICART, élue en septembre 2000, "descendra" donc en septembre 2003. Sous l'impulsion de cette spécialiste en communication et en audio-visuel, un site internet a été mis en place, des conférences publiques en France et à l'étranger et des colloques.
Une phrase décrit les "soeurs", "assemblée discrète et non pas secrète". Marie-France PICART définit une "loge "comme un laboratoire de réflexion avec la distanciation en plus".Non qu'elle se désintéresse des femmes qui luttent sur le terrain.
On les a vues de plus en plus dans de grandes manifestations : elles étaient par exemple à la manifestation du 1er mai 2002, au premier rang de la grande manifestation d'octobre 2001 pour les femmes afghanes, et aussi pour soutenir les jeunes filles des cités "ni putes, ni soumises" en mars 2003.
Elles s'engagent aussi dans le débat citoyen. En témoigne leur lettre au Président Giscard d' Estaing, à propos de l'Europe. Elles souhaitent que "l'égalité entre les hommes et les femmes" soit inscrite comme valeur (dans l'article 2) de la Constitution Européenne et non comme un objectif (article 3). Cette inscription dans l'article 2 permettra d'ester en justice.
Elles estiment qu'il faut toujours et encore se battre pour l'égalité des chances, et qu'il faut travailler dans tous les domaines.
De nombreuses "soeurs" font partie de conseils municipaux, bien que le recensement ne soit pas réalisé en détail.
Elles ont été à l'origine de beaucoup de lois (en particulier celle sur l'avortement). Leur méthode est de défricher, de travailler très en amont. Leurs propositions se retrouvent dans des lois nouvelles qui ont marqué la marche vers la parité et l'égalité entre Hommes et femmes..
Leur action est de transmettre pour faire changer la société, et par conséquent les mentalités.
Elles préparent un colloque à Lyon le 28 juin 2003 dans le cadre du 275 ème anniversaire de la Franc-Maçonnerie française, sur le thème "Femmes/Hommes, de la différence à l'égalité, évolution et mutation". Avec quatre intervenants : Geneviève FRAISSE et Françoise HÉRITIER, et deux sociologues hommes, Michel MAFFESOLI et Patrick TACUSSEL.
Sur leur site on peut lire qu'elles ont une "double responsabilité : celle de transmettre les outils et les valeurs qu'elles ont reçus, mais également d'éclairer, dans la cité, le chemin pour bâtir une société plus consciente, plus fraternelle, plus juste.
Elles sont tout particulièrement attentives à ce qui concerne la promotion des femmes, le respect de leurs droits et de leur dignité".
Une dimension internationale : Le CLIMAF (Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine) regroupe des obédiences indépendantes exclusivement féminines : elles sont belges, suisses, italiennes, portugaises, turques, allemandes et bientôt espagnoles et vénézuéliennes.
"Une Franc-maçonne est une femme ordinaire avec en plus une exigence".
Propos recueillis par Brigitte CASSIGNEUL (mai 2003) - Texte relu par l'intéressée qui a donné son accord
Mise à Jour : 2 juin 2003![]()
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