Emilie SCHEFFER

Européenne de coeur,
Éclectique dans l'art,
Expressive par la pensée

 

Son parcours est atypique. Emilie a de tout temps été fascinée par le langage et l'expression, par les arts visuels.

Son rêve était de faire des études scientifiques et de parcourir le monde. Pour ne pas déplaire à son père, elle enseigne le français en région parisienne, et part pour Bruxelles à la Communauté Européenne travailler sur des projets d'analyse de la langue en vue de traductions automatiques par ordinateur. Un bref séjour aux USA complète sa formation linguistique.

De retour en Belgique, elle fréquente les ateliers des peintres flamands Floris JESPERS, Jef VAN HOFF et Médard TYTGAT, (ce dernier qu'elle a épousé et dont elle a deux filles). Sous leur influence, elle peint des oeuvres expressionnistes. De cette époque paradoxalement, se consolident ses rapports avec L. Scheler et le peintre M. Parmentier, du groupe BMPT.

Après avoir quitté ce milieu artistique, elle part vivre, seule, avec ses enfants en Italie où elle travaille, toujours pour la CE, dans le cadre de programmes de télédétection par satellite, pour l'agriculture et la recherche agronomique.

Elle participe alors à la vie du groupe d'artistes de la Dolce Arte, opérant dans la région du Lac Majeur. Ils interviennent "dolcemente" dans le territoire, en particulier près des sites aquatiques. Ces peintres et sculpteurs créent, exposent, animent des performances dans la province de Varèse. Parallèlement, elle s'associe à un groupe de chercheurs en préhistoire qu'elle accompagne dans leurs voyages en Chine, en Egypte, en Irlande. C'est, par hasard, dans une grotte du pays basque, à Santimamiñe, devant le bison oeuvré dans la roche qu'elle ressent pour la première fois le "syndrome de Stendhal" - émotion d'une intensité jamais éprouvée auparavant devant une oeuvre d'art.

Pour intégrer dans son travail artistique l'authenticité et la chaleur de cette oeuvre, elle fait appel à tout support à partir duquel peut se moduler le moment : jaillissement de la vie, empathie intense du regard, contemplation de l'univers, révélation et mystère des rencontres.

Ses matériaux sont la peinture à l'huile, la terre, le fer, le bois, les étoffes, les poèmes, la chanson.

Ses réalisations vont des grandes toiles de Cuba, des masques d'exilés, de la cage de la belle et la bête, du lit de Yvan le Terrible, des T-shirt à thème aquatique, des " tapisseries ", du livre jalousie , à l'interprétation de chansons très parisiennes ou simplement d'amis.

Elle participe à des expositions collectives, qu'elles soient véhicules d'une pensée universelle : comme celle des drapeaux pour la paix lors de la coupe mondiale de football à Séoul ou celle de Naples NOI- Nous les gens du monde, ou messagères poétiques comme celle du Chiostro di Voltorre- cloître de Voltorre, parfums et couleurs de lac.

Ses expositions personnelles, très contenues, jalonnent toujours l'évolution de sa pensée, comme : l'Armée &endash;grenouilles stylisées de terre cuite, force en marche de l'amour filial ou encore Présences, nus à l'huile, sereine acceptation de sa propre réalité.

Elle se reconnaît comme peintre des racines de l'Etre, elle s'efforce de révéler la présence cachée et l'authenticité de chacun de ses modèles. En chacun, elle recherche la lumière.

A Gemonio, où est sa résidence italienne, elle réalise une mosaïque la vierge au promeneur , la Madonna del Viandante, dans un petit refuge rural devenu décharge sauvage, qui aujourd'hui est visité et respecté comme un lieu de culte.

Pour elle " l'homme est fondamentalement structuré. En s'appuyant sur la compréhension de ses propres structures avec l'apport de nouvelles contraintes choisies fruits de son imaginaire, l'artiste peut communiquer avec les autres et exprime malgré lui le fondamental cri primordial, l'' urschrei ".

C'est ainsi qu'elle accompagne et partage l'expérience de groupes comme ceux de l'Oulipo, fondé par Raymond Queneau, réunissant mathématiciens et écrivains fervents utilisateurs de contraintes en littérature, et de la Pataphysique, son ancêtre.

En européenne convaincue, Emilie profite de la concomitance du cinquantième anniversaire de la déclaration de Schumann, de l'irrésistible an 2000 et de la présidence française à l'Union Européenne pour organiser la première marche européenne entre la France et l'Italie, et réunir des intellectuels de différentes cultures européennes dont Umberto Eco, illustrant ainsi toute la richesse que peut révéler la contrainte consentie, qui devient alors magnifique.

En européenne de coeur, elle apprend à reconnaître à travers les langues le vécu des cultures. Elle parle évidemment le français, sa langue d'origine, l'italien, l'espagnol, l'anglais, l'allemand et avant l'ouverture de l'Europe à l'est, elle ouvre, en Italie pour les membres du centre européen, des cours d'apprentissage du russe.

Pour Emilie Scheffer, " l'Europe est un merveilleux pays, mosaïque de paysages, de peuples, de traditions, riche de diversité économique, intellectuelle, artistique et spirituelle, véritable aspirateur de bonheur ".

Aujourd'hui, "libérée" de la contrainte professionnelle qui lui a permis d'exprimer sa passion pour les sciences, les langues et l'Europe, elle a décidé de renouer avec ses racines en s'installant à Paris comme artiste, s'ouvrant à un univers renouvelé.

 

Biographie réalisée avec "Talents de Femmes, Femmes de talent "
A.M.PANTALEON


23 octobre 2002 Mise à Jour : avril 2008

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