Revue de presse envoyée par Hélia CACERES (les Verts) - Voir le Site du Sénat -
Le sénat un peu plus gauche
La gauche gagne treize fauteuils et détient désormais
113 sièges sur 321.
Par DIDIER HASSOUX - Liberation
24/09
Le lundi 24 septembre 2001
Plus à gauche, plus féminin et renouvelée (avec une soixantaine d'entrants). Telle est la cuvée 2001 du Sénat. Sur 321 sièges, la gauche en détient désormais 113 contre 100 avant le renouvellement du tiers des fauteuils de sénateurs intervenu hier. Pas de quoi remettre en cause la majorité de droite. Ni même rééquilibrer la Haute Assemblée. «C'est un bon résultat pour la gauche plurielle. La dynamique dans les départements où on a su faire des listes en commun et mobiliser les grands électeurs, a abouti à nous faire progresser», s'est tout de même réjoui le secrétaire national aux élections du PS, Bruno LE ROUX. Le PS obtient huit sièges supplémentaires, les communistes quatre et les Verts font leur entrée au Palais du Luxembourg avec Marie-Christine BLANDIN, ex-présidente verte de la région Nord-Pas-de-Calais (lire ci-dessous). L'élue écologiste sera administrativement rattachée au groupe socialiste.
UNION
Cette légère progression de la gauche était attendue (Libération du 21 septembre). Elle s'explique notamment par l'introduction de la proportionnelle dans les départements qui élisent au moins trois sénateurs.
Hier soir, Jean-Jack QUEYRANNE, le ministre des Relations avec le Parlement, l'a reconnu. «Ce résultat est l'effet de la proportionnelle, cela permet une représentation plus conforme au pluralisme», a-t-il jugé. Le PS gagne onze sièges en Indre-et-Loire, dans l'Isère, la Loire, le Loiret, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, le Morbihan, l'Oise, les Pyrénées-Atlantiques et le Maine-et-Loire. Il en perd trois dans le Puy-de-Dôme, le Pas-de-Calais et la Loire-Atlantique. Dans ce dernier département, François AUTAIN a gagné son pari en tête d'une liste dissidente, avec les Verts comme alliés. Exclu du PS, il devrait s'inscrire au groupe communiste, républicain et citoyen.
Mais ce sont les communistes qui progressent le plus. Ils gagnent quatre sièges (Meurthe-et-Moselle, Isère, Loire, Indre-et-Loire). A chaque fois, ce sont des femmes qui ont été élues. Ainsi, dans le Nord, alors qu'elle n'était pas favorite, Michèle DEMESSINE, secrétaire d'Etat au Tourisme, conserve le siège du PCF. Elle a aussitôt annoncé qu'elle démissionnait de son poste ministériel: «J'avais dit au Premier ministre que si les grands électeurs me désignaient, je quittais le gouvernement.» Elle retrouvera au Sénat son ancien collègue du gouvernement, Jean-Pierre MASERET, ex-secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, élu, lui, en Moselle.
PARITE
Ce sont, en partie, les femmes qui ont fait trébucher la droite. Dans les départements où la parité était appliquée, les sénateurs sortants avaient multiplié les listes pour assurer leur réélection. Cet éparpillement semble avoir été fatal aux candidats de la majorité sénatoriale. Ainsi, en Meurthe-et-Moselle, où les quatre sortants de droite étaient partis à la bataille chacun de leur côté, deux centristes, Jean BERNADAUX et Claude HURIET, ont mordu la poussière, battus par des candidats de gauche. Même scénario dans l'Oise et la Manche où la gauche, unie, gagne pour la première fois un siège.
Dans la Loire, la désunion à droite a fait perdre son siège au RPR, Lucien NEUWIRTH, 77 ans, le père de la pilule, élu depuis 1983. Ces pertes ne sont compensées que par de rares gains, dans le Puy-de-Dôme et le Pas-de-Calais, deux départements où la droite avait présenté des listes d'union. Au sein de la majorité sénatoriale, c'est le RPR qui enregistre la plus grosse perte (moins cinq).
ACCORD
Pour autant, la division de la droite ne devrait pas mettre en péril la réélection de Christian PONCE à la présidence. Selon l'un de ses proches, «un accord tacite a été conclu au sein de la droite sénatoriale RPR-UDF-DL en 1998 en faveur de deux mandats pour Poncelet. Normalement, aucun autre candidat de droite ne devrait donc se présenter contre lui». Il y a trois ans, l'ancien ministre de GISCARD avait été élu au troisième tour de scrutin après un chassé-croisé de dix heures contre les centristes René MONORY (président UDF sortant) puis Daniel HOEFFEL (UDF, Bas-Rhin).
Cette fois, PONCELET a préparé le terrain. En recevant et en se déplaçant beaucoup. Les présidents des groupes de la droite sénatoriale se sont déjà déclarés en sa faveur. «J'espère qu'il ne lui manquera pas une seule voix RPR. Il a été un excellent président», considère Josselin de ROHAN, président du groupe RPR. Henri de Raincourt, président des Républicains indépendants, est tout aussi catégorique: «Nous ne souhaitons pas qu'il y ait d'autres candidats à droite.» Même Jean ARTHUIS, qui préside le groupe de l'Union centriste, trouve en Poncelet un «bon président». Pourtant, à l'état-major de l'UDF, on attendait de «refaire les calculs», hier soir, avant de décider ou non de disputer la présidence à PONCELET.
Légère poussée de la gauche aux sénatoriales
Le renouvellement de 102 postes de sénateurs, dimanche, a débouché sur une progression de la majorité de 13 sièges et l'entrée d'une quinzaine de femmes au Palais du Luxembourg. A droite, l'éparpillement des listes a joué contre elle. Le RPR a ainsi perdu près d'une dizaine d'élus.
Publié le 23 septembre 2001 à 20h18
Mis à jour le 23 septembre 2001 à 21h13La progression de la gauche était attendue avec l'introduction de la proportionnelle dans les départements élisant au moins trois sénateurs par le gain automatique d'un siège dans une dizaine de départements. Les urnes ont confirmé cette poussée et même au-delà des prévisions. Les socialistes ont gagné onze sièges en Indre-et-Loire, dans l'Isère, la Loire, le Loiret, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, en Moselle, dans le Morbihan, l'Oise, les Pyrénées-Atantiques et le Maine-et-Loire. Ils ont cependant échoué dans la Marne où la droite s'est présentée unie.
En revanche, le PS a perdu trois sièges (Puy-de-Dome, Pas-de-Calais et Loire-Atlantique). "Le groupe socialiste - avec Mme Christine BLANDIN (Verts, Nord), qui sera rattachée administrativement - devrait donc atteindre un chiffre record avec 85 membres (contre 77). "Il n'a jamais atteint cela dans l'histoire du Sénat", a déclaré Claude ESTIER président du groupe.
En Loire-Atlantique, le sortant PS François AUTAIN a gagné son pari en tête d'une liste dissidente, avec les Verts comme allié, en obtenant sa réélection. Exclu du parti socialiste, il devrait s'inscrire comme rattaché administrativement au groupe communiste, républicain et citoyen. M. AUTAIN a notamment fait chuter la socialiste Marie-Madeleine Dieulangard qui était en deuxième position sur la liste de la gauche plurielle.
Le récent secrétaire d'Etat socialiste aux Anciens combattants, Jean-Pierre MASSERET, a été élu sans problèmes en Moselle ainsi que l'ancien Premier ministre PS Pierre Mauroy dans le Nord et l'ancien ministre socialiste Michel CHARASSE dans le Puy-de-Dôme.
Mme DEMESSINE quitte le gouvernement.
Les communistes obtiennent un bon résultat - au-delà des prévisions - en progressant de quatre sièges (Meurthe-et-Moselle, Isère, Loire et Indre-et-Loire). Les quatre gains sont obtenus par des femmes en seconde position sur la liste.
Dans le Nord, alors qu'elle était considérée en mauvaise posture, Michèle DEMESSINE, secrétaire d'Etat au Tourisme, a conservé le siège au PCF seconde de la liste d'Ivan RENAR. Elle a annoncé immédiatement qu'elle quittait le gouvernement. "J'avais dit au Premier ministre que si les grands électeurs me désignaient, je quittais le gouvernement", a-t-elle déclaré. Son retour au Sénat, devrait donner lieu, dans les jours qui viennent, à un réaménagement au sein du gouvernement en vue de de son remplacement.
L'éparpillement des listes à droite a joué contre elle et lui a fait perdre des sièges, près d'une dizaine pour le RPR. Ainsi en Meurthe-et-Moselle où les quatre sortants de droite étaient partis à la bataille chacun de leur côté, l'un d'eux Claude HURIET (centriste) a mordu la poussière. La gauche remporte deux sièges sur quatre.
De même dans l'Oise et dans la Manche, la gauche arrache un siège pour la première fois, au moins, depuis la fin de la seconde guerre mondiale 1939-1945. La droite remporte également un siège dans le Puy-de-Dôme grâce à son unité retrouvée in extremis par l'organisation d'une primaire.
Jean ARTHUIS, président du groupe centriste, ancien ministre, a conservé son siège dans la Mayenne sans grandes difficultés ainsi que Josselin de ROHAN,président du groupe RPR et le président de l'AMF Jean-Paul Delevoye (RPR) dans le Pas-de-Calais et de Jean François-Poncet, ancien ministre (RDSE, Lot-et-Garonne). Gérard Longuet (UDF, Meuse), Jacques Blanc (DL, Lozère) et Jean-Paul Alduy (UDF, Pyrénées-Orientales) font leur entrée au Palais du Luxembourg.
Cependant plusieurs personnalités de droite ont été battues, notamment le "père de la pilule" Lucien NEUWIRTH (RPR) dans la Loire, de même que Charles DESCOURS (RPR) dans l'Isère et Jean Delaneau (RI), président de la Commission des Affaires sociales en Indre-et-Loire.
(Avec AFP)
La division coûte cher à la droite qui reste majoritaire au Sénat
La division a coûté cher à la droite qui, en dépit de pertes plus importantes que prévu, reste cependant largement majoritaire au Sénat à l'issue du renouvellement d'un tiers de la haute assemblée, dimanche 23 septembre (2001).
Les pertes n'étaient compensées que par deux gains, dans le Puy-de-Dôme et le Pas-de-Calais, deux départements où la droite avait réussi à s'entendre pour présenter des listes d'union. Dans le Puy-de-Dome, l'union n'avait été obtenue qu'au prix d'une primaire à la veille du dépôt des candidatures. L'union a aussi payé dans la Marne, où la droite a réussi à conserver ses trois sièges.
Alors que le RPR, l'UDF et DL s'attendaient à une chute d'une dizaine de sièges, ils en perdaient déjà 15 en fin d'après-midi. La multiplication des listes a entraîné une chute de deux sièges dans l'Indre-et-Loire, la Meurthe-et-Moselle, l'Isère et la Loire, où les spécialistes électoraux des trois formations ne tablaient que sur une seule perte. Les autres pertes sont enregistrées dans le Maine-et-Loire, la Manche, le Loiret, le Morbihan, l'Oise, les Pyrénées-Atlantiques et la Moselle.
En faisant chacun une liste, les sortants jouaient la compétition pour retrouver leurs sièges en dépit de la proportionnelle et contournaient ainsi la loi sur la parité qui oblige à alterner homme et femme sur chaque liste. Cela a été spectaculairement le cas en Meurthe-et-Moselle et dans les Pyrénées-Atlantiques, où chaque sortant avait présenté sa propre liste. Cette dispersion des sortants a fait naître des ambitions. Parfois fatales comme dans l'Indre-et-Loire où la présence des deux sortants DL et RPR et d'un nouveau candidat UDF a conduit à l'élection de deux candidats de la liste PS-PCF-PRG. Ou à La Réunion où, après sa large victoire aux municipales, la droite pouvait espérer remporter les trois sièges du département. Dans ce département, la liste de l'UDF Jean-Paul VIRAPOULLE a raflé la mise à droite.
Malgré sa réticence vis-à-vis de la loi sur la parité, la droite aura cependant plus de femmes qu'avant le renouvellement. Les deux seules sortantes ne retrouvent pas leur siège : une, en Lozère, ne se représentait pas et l'autre, en deuxième position derrière un autre sortant dans la Manche, a été battue. Cependant, 9, dont 7 UDF, font leur entrée, deux notamment dans les départements où la droite a joué l'union (Marne et Pas-de-Calais). L'une des sept nouvelles sénatrices UDF sera parmi les plus jeunes élus du Sénat : Valérie LETARD (UDF), 38 ans, de quelques mois plus âgée que la benjamine, la communiste Annie DAVID.
Parmi les entrants de droite, on note l'ancien ministre Gérard LONGUET (UDF), le président de la région Languedoc-Roussillon Jacques BLANC (DL) et le maire de Perpignan Jean-Paul ALDUY (UDF). Les présidents des groupes RPR et UC, Josselin de ROHAN et Jean ArRTHUIS (UDF) retrouvent leurs sièges.
Le groupe RPR, qui reste cependant le premier groupe au Sénat, est le grand perdant de ce scrutin puisqu'il chute de 7 sièges. Le RPF, de même que le FN et le MNR qui présentaient des listes pratiquement partout, n'ont obtenu aucun élu.
LA GAUCHE PLURIELLE GAGNANTE
La gauche plurielle est sortie gagnante des sénatoriales de dimanche profitant de l'instauration de la proportionnelle dans 17 départements sur la trentaine concernée par le renouvellement et obtenant 13 sièges supplémentaires à la Haute Assemblée, dans la fourchette haute des prévisions. Ainsi la gauche ravit 15 sièges à la droite, n'en perdant que deux.
Pour les socialistes, le gain net est de huit sièges. Tout en ravissant 11 sièges à la droite, ils en cédent trois : dans le Puy-de-Dôme, le Pas-de-Calais et la Loire-Atlantique. Mais dans ce dernier département, ils le font au profit de la liste dissidente présentée par le sénateur PS de Loire-Atlantique, François AUTAIN, qui devrait être rattaché au groupe communiste.
Les Verts obtiennent, comme prévu, leur premier siège de sénateur grâce à l'élection de Marie-Christine BLANDIN sur la liste conduite par le socialiste Pierre Mauroy dans le Nord.
Mais ce sont les communistes qui, avec quatre élus supplémentaires, apparaissent comme les grands gagnants de ces élections au sein des forces de gauche. Ces quatres sièges ont été gagnés par des femmes, parmi lesquelles Annie DAVID dans l'Isère qui, à 38 ans, devrait devenir la benjamine de la Haute Assemblée. Ils ont en outre réussi à conserver leur deuxième siège dans le Nord en faisant passer Michelle DEMESSINE, secrétaire d'Etat au Tourisme, dont l'élection était loin d'être assurée. Celle-ci a d'ailleurs annoncé qu'elle quitterait le gouvernement pour siéger au Sénat.
Avec AFP
Dix-huit nouvelles femmes au Sénat
LEMONDE.FR | 23.09.01 | 21h23
Dix-huit nouvelles femmes ont été élues sénatrices, dimanche 23 septembre, les deux plus jeunes étant âgées de 38 ans, la communiste Annie DAVID et l'UDF Valérie LETARD, tandis que la doyenne n'est âgée que de 63 ans, Janine ROZUER (DVD). Le Sénat actuel comptait 20 femmes, dont deux ont été battues,Anne HEINIS (Manche, UDF) et Marie-Madeleine DIEULAGARD (Loire Atlantique, PS) et une ne se représentait pas, Janine BARDOU (Lozère, RI). A ces 17 femmes, s'ajoutent les 18 élues de dimanche. Au total, ce sont donc 35 femmes qui vont siéger au Palais du Luxembourg, soit plus de 10% de l'effectif total du Sénat (321 membres).
La loi sur la parité de juin 2000 obligeait les partis à alterner hommes et femmes sur les listes qu'ils présentaient mais nombre de sénateurs, surtout à droite, ont préféré, plutôt que de prendre le risque d'être battus en étant en troisième position derrière une femme, être premier sur une autre liste.
Parmi les nouvelles élues, la secrétaire d'Etat au Tourisme, Michèle DEMESSINE (PCF, Nord), qui a déjà annoncé son départ du gouvernement pour assumer son nouveau mandat. A gauche, neuf nouvelles femmes dont quatre socialistes, quatre communistes et la première sénatrice Vert (Marie-Christine BLANDIN) entrent à la Haute assemblée. A droite, les entrées sont quasiment aussi nombreuses : neuf, dont six UDF, deux divers droite et une Démocratie Libérale.
Christian PONCELET, qui avait qualifié de "scélérate" la loi sur la parité, s'est réjoui, dimanche, que le Sénat compte désormais un pourcentage de femmes équivalent à celui de l'Assemblée nationale (60 femmes sur 577 députés, soit 10,2%).
Avec AFP

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