"Le" Voile
Eléments pour un débat (retour document principal)

mise à jour 23 oct 2003

Sur la question du foulard

par Francine COMTE

Il y a plusieurs niveaux, plusieurs critères d'analyse, et, suivant le cheval qu'on enfourche, on en vient à diverger violemment. Les féministes elles-mêmes sont divisées, et les féministes issues de pays musulmanes demeurent aussi partagées - même si elles sont plus généralement portées à s'insurger contre la tolérance du foulard en France, quand elles ont eu à subir la férule islamiste !

Question préalable : comment ce débat sur le voile prend-il aujourd'hui cette intensité ? Pour une partie des politiques, une telle focalisation sert à détourner l'attention des problèmes de fond, en stigmatisant les jeunes des banlieues et, bien sûr, en amalgamant Islam et islamisme, avec une visée raciste "voilée". La médiatisation a joué parfaitement son rôle d'amplificateur. Les femmes, outre qu'elles sont opprimées, sont ainsi instrumentalisées. Poussées à résister dans un sens ou dans l'autre.

Le point de vue féministe

Le voile est un signe violent de l'oppression et de la ségrégation des femmes. Le problème n'est pas que religieux : la religion sert de refuge comme toujours à la peur, en particulier à la peur du sexe. Le sexe c'est le sexe de l'autre, de la femme tentatrice (alors que les religieux veulent " sublimer "), et les religions se fondent de tout temps - et quelle que soit la croyance - sur une oppression, consentie ou non, des femmes.

Cette pratique du voile correspond à une prescription d'une partie de l'Islam (ce n'est en tout cas pas un des " 4 piliers de l'Islam "). Encore faut-il distinguer : si le voile (le hidjab) et surtout la burka créent un véritable apartheid des femmes, une prison, le foulard a été porté longtemps par les paysannes de tous les pays, et, pour certaines adolescentes il peut avoir d'autres significations que la soumission à l'homme, même s'il est soumission à un " précepte " religieux. Certes nous luttons contre la soumission des femmes à tout diktat d'ordre religieux, contre tout ce qui les rend dépendantes dans la religion (et dans la société civile), et nous devons agir pour que cette pratique discriminante s'éteigne ! Mais c'est un horizon à atteindre, et pour l'atteindre, il ne faut pas agir n'importe comment, et surtout pas par l'exclusion. D'autant que, si je ne m'abuse, il n'est question, dans nos écoles, que du foulard, plus ou moins couvrant, pas du hidjab et encore moins de la burkaŠ

Une remarque : par rapport à certaines qui mettent sur le même pied le " voile " - non distingué du foulard - et l'excision (cf. la déclaration d'une Iranienne dans le Parisien) : le voile est certes une cloison, une prison vis à vis de l'extérieur, mais les femmes l'enlèvent entre elles. Et, si elles se révoltent, elles peuvent s'en délivrer (un rêve encore pour bien des pays !). L'excision, elle, est une atteinte au corps lui-même, il vise à tuer la sexualité féminine, et elle est définitive. Il est heureux qu'en France une loi en interdise la pratique ! Mais, loi ou pas, le travail de conscientisation contre l'excision n'est pas encore avancé, et la pratique continue, en cachette, ou par le retour de l'enfant dans le pays d'orgine

N'oublions pas que, donneurs de leçons, nous n'avons fait que lentement l'analyse de l'oppression des religions et que l'émancipation, très relative, des femmes ne remonte qu'à ces dernières décenniesŠ Si l'Islam gagne du terrain chez les femmes, c'est bien parce qu'elles n'ont pas été gagnées par la montée du féminisme en Occident. Des temporalités diverses co-existent à l'intérieur de notre pays.

Le point de vue laïque

Il est mis en avant par beaucoup, plus d'ailleurs que le point de vue féministe, et il est même, hélas, parfois brandi comme un étendard, présenté comme un rempart contre la montée du religieux, tout particulièrement de l'islamisme.

Comment ne pas voir sur ce sujet l'hypocrisie de notre pays. Au début, dans les années qui suivirent la séparation de l'Église et de l'État, il y eut une période d'adaptation, de souplesse utile : les crucifix, par ex., furent tolérés un certain temps dans les écoles existantes, mais prohibés dans les nouvelles. Pour autant la prégnance de l'Église catholique ne se desserra guère. Les aumôneries avaient pignon sur rue dans les lycées laïcs. Par exemple, au lycée Louis, les élèves pouvaient, au temps de notre jeunesse (est-ce encore le cas ?) assister à la messe ! alors que les musulmans ne pouvaient rompre le ramadan qu'en cachette dans leur lit, à la lumière d'une lampe de pocheŠ et je pense que ce n'est pas fini. Nos jours fériés pour les fêtes chrétiennes, nos dimanches, continuent de rythmer la société. L'Alsace continue d'avoir un statut à part, le Concordat, avec des prêtres salariés. Quant aux femmes, jusqu'à ces derniers temps, elles mettaient une mantille pour aller à la messeŠ en suivant les préceptes de St Paul. Et aujourd'hui, les écoles "libres" sont devenues des appendices utiles, même indispensables, pour un système scolaire débordé. Elles sont en expansion. Enfin nos infos télé sont envahies par de longs reportages sur les manifestations "catholiques", un phénomène qui se développe de façon ahurissante ! Oui, bien sûr, il faut combattre pour la laïcité, mais attention : une laïcité qui - comme le veut la loi actuelle - refuse tout prosélytisme, mais reste tolérante et neutre vis-à-vis des choix religieux individuels.

Le prosélytisme est, par contre, intolérable dans le cadre scolaire. Une jeune femme évoque (Le Parisien du 20 janvier) la création d'une association prosélyte par des lycéennes " voilées ", à Rennes, mais il n'est pas précisé si c'est à l'intérieur du lycée : auquel cas, on se doit de l'interdire ! Si c'est hors du cadre scolaire, on n'y peut rienŠ sauf faire ce qu'ont aussitôt fait d'autres filles : créer une association contre le port du foulard ! Et débattre ensemble.

C'est l'école qui est laïque, pas les élèves. L'école a une responsabilité dans l'apprentissage qu'ils doivent faire de la laïcité, apprentissage qui doit être basé sur le dialogue, sur le respect de l'autre, de sa liberté de penser, de sa religion comme de sa non-religion. Un apprentissage qui doit commencer tôt, et compter sur le temps. Et qui ne choisit pas comme cible la foi musulmane, qualifiée en bloc de rétrograde.

Le point de vue anti-raciste

On parle d'une invasion de foulards à l'école : les chiffres démontreraient le contraire. Peut-être leur visibilité est-elle plus grande, l'arrivée de femmes venant du bled grâce au regroupement familial, en rend la pratique peut-être plus visible dans certaines citésŠ Mais surtout, dans l'histoire, la peur de l'islamisme joue à plein. Nos " quartiers " seraient des repères où règnent les barbus. N'est-ce pas exagéré ? Même à Villejuif, où l'immigration maghrébine ou africaine est importante, je ne vois que très rarement barbus ou foulards.

Et la crispation des esprits ne peut qu'alimenter cette affirmation d'un Islam radicalŠ L'exclusion des filles de l'école signe en particulier leur renvoi à la famille, au bled peut-être, au mariage forcé, à l'école musulmane (s'il y en a), certainement pas - ou de façon très mineure - aux cours par correspondance ! Belle réussite quant à leur éducation laïque et leur conscience féministe !

N'est-il pas troublant d'assister à ce déferlement de passions, d'oukases contre cet usage du foulard, à un moment où se déchaîne l'appareil répressif dans tous les domaines, et surtout à l'encontre des jeunes d'origine maghrébine ou africaine ? Il n'y a pas de jour où, dans le métro, on n'assiste à un contrôle muscléŠ toujours des mêmes. Sous des prétextes divers, recourant tantôt à la laïcité, tantôt à un féminisme proclamé, mais en réalité par souci d'un électorat qu'on juge raciste et qu'on ne veut pas prendre à rebrousse-poil, la droite enfourche les positions du FN, et le PS des positions de droite. Les débats s'embrouillent dans des amalgames honteux entre anti-sionisme et antisémitisme, mais en réalité l'antisémitisme est beaucoup moins répandu aujourd'hui que l'arabophobie. Nous assistons à un rejet terrible du Musulman, assimilé au terrorisme. Relents de la guerre d'Algérie, séquelles d'un 11 septembre, mais plus encore peurs cristallisées sur la haine d'une culture différente. L'Europe contre la barbarieŠ

Le point de vue des ados

Leurs voix, on les entend beaucoup moinsŠ Cependant beaucoup ont justement évoqué leurs graves difficultés : la gêne du corps qui change, augmentée chez les filles par la peur du regard ou de la violence des hommes ; et surtout pour les immigréEs de 2° ou 3° génération, le désir de replonger dans des racines perdues ; pour certaines encore, celui de s'affirmer, de narguer l'autorité et souvent l'arbitraire de l'école. Réaction au sentiment de n'être pas reconnuEs en tant qu'adolescentEs citoyenNEs. L'école ne suffit pas à assurer ce sentiment de citoyenneté, avec ses notations et son moule obligé, elle faillit presque forcément à revaloriser chaque élève, à calmer l'inquiétude de plus en forte chez les déracinéEs. Surtout la société a raté l'intégration citoyenne et sociale de ses immigréEs. Quelle place ont-ils/elles dans la société qui se bâtit actuellement ? Et que leur proposent notre télé, notre pub sexiste, notre soif de consommation ?

Il faut remonter aux causes, à cette remontée du religieux, qui ne touche pas seulement l'Islam, mais une grande partie de la population, par absence de repères, d'espoir dans la société et dans son progrès. L'angoisse est marquée bien sûr par l'engoncement des esprits dans les besoins les plus élémentaires : peur de manquer, envie d'avoir autant que l'autre. Mais aussi, pour certains, besoin de fuir la réalité, de résister au désespoir et au stress : fumer, boire, se droguer, s'opposer violemment à toute institution. Ou, à l'inverse, dans une réaction morale contre le laxisme sociétal, par le retour à la famille, et plus encore, le recours en une croyance aveugle et la remise de soi au groupe : chapelles, sectes. Les plus excluEs et stigmatiséEs - les jeunes, et les arabes ! en particulier les filles prises entre deux feux, - sont les plus touchéEs par ces deux types de réactions. Des filles peuvent d'ailleurs passer d'une attitude d'indépendance farouche au port du foulard. Il n'est pas dit qu'elles vont s'enfermer dans cette pratique, si la société sait leur faire dépasser ces peurs, si elle ne les refoule pas dans leur " communauté ".

En quelque sorte, plus on se raidit contre ces manifestations du mal-être social, du mal vivre ensemble, plus on durcit de telles réactions. Plus on focalise sur le foulard, assimilé abusivement au voile, plus on amène les filles à le porter.

Deux de mes petites filles ont un père Algérien (1° génération), très intégré depuis longtemps à la société française et non pratiquant. Il a eu une courte période où il s'est mis à observer le Ramadan : davantage " pour voir ", par hygiène alimentaire, ou besoin de retrouver quelque chose de son Algérie nataleŠ Eh bien, les deux gamines, sans être endoctrinées ! ont aussitôt souhaité en faire autant. Mais cela n'a duré qu'un printemps, pour lui comme pour elles. En revanche, l'une d'elles a eu de gros problèmes d'identité, peur de devenir femme, et elle a fait une anorexie sévère. C'était autrement inquiétant, mais heureusement ça n'a aussi duré qu'un an. Les réponses à l'angoisse sont multiples, il n'est pas anodin que tant d'enfants soient boulimiques ou anorexiques ou se suicident. C'est plus grave que de porter un foulard ! Le dialogue est plus porteur auprès d'eux tous que l'opposition.

Développer l'esprit critique, mais aussi la force de la révolte

L'esprit critique doit être plus fortement encouragé et développé chez l'enfant, mais il ne suffit pas. Il faut garder vive en chacunE la force de révolte, et l'école n'est pas en cela le meilleur chemin, puisqu'elle est basée sur la soumission à des règles ! Comment concilier les deux ?

Alma et Lila qu'on a pu voir à l'émission d'Ardisson sont apparues avec un foulard très couvrant, comme les guimpes de nos bonnes s¦urs ! Malgré leur intelligence, malgré leur esprit " critique " (qu'elles appliquent actuellement surtout à leur recherche religieuse), malgré leur audace dans la prise de parole, elles ont reconnu, à un moment, mais avec fierté, qu'elles " existaient moins ", depuis qu'elles avaient renoncé à leur violence d'adosŠ Mais est-ce que cela leur sera possible longtemps " d'exister moins " ? Leur force de révolte est-elle éteinte à jamais ? Aujourd'hui, d'ailleurs, elle existe encore, même si elle se trompe de cible : sous forme de résistance têtue, leur révolte s'exerce dans leur opposition à la coercition, voire au dialogue. Mais plus tard, qui sait ? L'ennui, c'est que la presse a développé leur tendance au vedettariatŠ, Leur histoire n'est plus privée, mais sur la place publique !

Intégration et citoyenneté

Il y a eu des périodes où certains pays arabes développaient cette pratique du voile, d'autres pas. Par exemple, la burka avait, je crois, presque disparu en ville, en Afghanistan, au temps du régime communiste ; la colonisation aussi avait agi dans d'autres paysŠ Mais de tels épisodes " coloniaux " faisant pression sur la population sont-ils souhaitables, et est-ce réellement un remède pour les femmes ? Aujourd'hui, la France se préoccupe beaucoup, avec raison de l'universalisme, la peur du communautarisme est vive. Mais avons-nous donné un exemple d'une bonne intégration, d'une acculturation quand nous, nous avons colonisé ces pays : nous ne nous y sommes intégrés que pour ce qui nous y plaisait mais nous avons partout construit nos églises, nos lycées, nos quartiers, etc. Les Arabes et Africains ne viennent pas nous coloniser (même si certains parlent d'invasionŠ), laissons-leur le temps de s'intégrer, et les moyens !!! Mais comment s'intégrer dans une société si différente, quand les gens sont en ghettos ou du moins répartis par quartiers, quand on ne leur donne pas le droit de voter, etc. ? Nous sommes d'une inconséquence parfaite.

Seule une forte volonté de démocratie et de participation des femmes à la vie sociale, seul leur accès à une véritable égalité peut amener à rendre désuètes ces coutumes opprimantes. L'école laïque, au lieu d'exclure, peut jouer en faveur de l'émancipation progressive des filles, et du respect mutuel entre filles et garçons. Mais on n'impose pas la laïcité sans en avoir fait partager le but, sans en avoir donné le désir. C'est-à-dire qu'au-delà des sentiments religieux qu'un individu peut ressentir, il doit apprendre la tolérance, l'écoute des autres, la joie de bâtir ensemble une société de citoyens. La république, c'est ça : ce qui devient l'affaire de tout le monde, ce n'est pas des grandes déclarations, ce n'est pas la République avec majuscule, c'est construire ensemble. Il y a donc une laïcité que je refuse, basée sur l'intolérance et l'exclusion, une autre pour laquelle je me bats : qui est une longue marche, avec des retours en arrière, des mises en danger, mais aussi une démarche patiente et qui sait faire usage du temps, même quand il y a urgence.

Où, quand, comment porter le dialogue ?

La France a certes à jouer un rôle, puisque c'est un pays démocratique (hum), un pays en quête d'égalité (en principe). Mais il ne suffit pas d'avoir une école républicaine et laïque, où les enseignants sont souvent dépassés, mis en devoir d'encadrer une foule d'enfants, de jeunes qui n'ont plus de repères ni d'espoir.

Le mal-être des jeunes, en particulier dans les banlieues de relégation, est la mesure exacte de nos échecs. Ils sont le symptôme souffrant de notre société malade quand bien même elle s'affiche à leurs yeux comme un modèle. Elle est malade à force de marginaliser et de ne pas traiter à la racine les problèmes auxquelles le corps social est confronté.

Primo, la citoyenneté ne se décrète pas, elle se construit, dès le plus jeune âge, à tous les niveaux. On a sécrété les ghettos, insidieusement. Et maintenant certains veulent les renforcer en recourant à l'exclusion dès l'école ! D'un côté, on brandit le danger du communautarisme alors qu'on l'a peu à peu favorisé, de l'autre on parle de l'instaurer dans l'école en renvoyant les filles et aussi, curieuse coïncidence, en remettant en cause la mixité scolaire ! On ne peut soigner le mal par le mal. Le corps social est en morceaux, par notre incurie collective quant au problème de l'intégration, de la citoyenneté, et de l'égalité femmes-hommes, et maintenant on bricole des remèdes insensés.

Secundo, on a détruit à l'excès la pudeur - je l'ai souligné, elle est spécialement forte chez les adolescentes - et marchandisé le corps des femmes, et maintenant on s'insurge contre la montée rétrograde du foulard. D'un côté comme de l'autre, la société ultra-libérale s'appuyant sur le machisme - avec la complicité de trop de femmes - est responsable de cette oppression violente des femmes, de cette atteinte à l'intime qui vient imprégner les enfants. La réaction islamiste de certaines filles est la réponse inverse à l'exhibitionnisme et à la marchandisation du corps. Pas la bonne réponse, certes, mais nous, les femmes qui avons pu accéder au féminisme, ne sommes-nous pas de ce fait des privilégiées ?

Il faut que la société s'édifie sur la citoyenneté de chacunE, sans exclusion, sur la mixité sociale et le refus des ghettos, sur le respect des femmes et de leur corps, sur la recherche d'une liberté qui ne se fasse pas au détriment de l'autre, etc.

Pour renverser la vapeur, je ne vois guère que le travail de terrain, le plein accès à la citoyenneté, des possibilités données aux filles de résister ensemble (les garçons des banlieues, on leur propose le sport, le culte de la "virilité"; aux filles on ne propose rienŠ). Et aussi les régies de quartier (que nous aiderons à monter) et des éducateurs de rue en grand nombre, pour veiller, entre autres, à ce que les filles soient protégées. Nous avons pris des années de retard. Le dialogue ne peut se cantonner au cadre scolaire : c'est une action ferme et continue auprès des familles et des jeunes : il faut organiser des débats dans les quartiers, enseignants et parents - en dehors du cadre de l'institution, non sur la religion, mais sur la place des femmes dans la société, sur la citoyenneté. Lancer ces débats à tout niveau, dans les conseils de quartier, dans les maisons de quartier, dans chaque cité.

***

En conclusion, je suis contre l'exclusion,

donc contre l'interdiction du foulard par une nouvelle loi,

mais pour l'affirmation forte de l'idéal laïc et de l'égalité des femmes,

pour le dialogue patient et une très grande souplesse dans l'approche.

En revanche, tout prosélytisme doit être absolument proscrit.

 

La loi actuelle est déjà claire sur ce sujet. Le foulard, s'il est plus ostentatoire qu'une petite croix, n'est pas du prosélytisme, il correspond pour celles qui le portent, à la conviction que c'est une prescription religieuse. Ce qu'il faut, c'est aider ces religions à évoluer ! Aider les femmes à se vouloir indépendantes.

Dans cette action de longue haleine, les femmes d'origine arabe ou africaine, qu'elles soient musulmanes ou non, du moment qu'elles refusent l'islamisme intégriste et l'oppression des femmes, ont un rôle majeur à jouer. Celles qui s'organisent, comme Ni putes ni soumises, comme Voix d'Elles rebelles, sont plus à même d'être entendues sur le terrain, ce qui n'empêche le bien fondé de notre action dans les lycées et nos quartiers. Si possible, à leurs côtés.

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